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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
Le BPU fixe vos prix pour des années, le DQE ne sert qu'à vous classer. Confondre les deux, c'est gagner un marché sur un scénario fictif et l'exécuter à perte sur les vraies quantités.

Un dossier de consultation arrive avec deux tableaux qui se ressemblent. L'un s'appelle BPU, l'autre DQE, et ils contiennent les mêmes lignes. La différence tient à une colonne : le DQE porte des quantités, le BPU n'en porte pas.
Cette colonne change tout. Le tableau sans quantités est celui qui vous engagera pendant deux, trois ou quatre ans. Le tableau avec quantités ne servira qu'une fois, le jour du dépouillement, et sera oublié ensuite. Beaucoup d'entreprises chiffrent en regardant le DQE, parce que c'est le seul qui affiche un montant, et découvrent la mécanique réelle au premier bon de commande.
Réponse rapide
Le BPU, bordereau des prix unitaires, liste des prestations avec un prix à l'unité et sans quantité : c'est lui qui sert à facturer pendant toute la durée du marché. Le DQE, détail quantitatif estimatif, applique des quantités estimatives à ce bordereau pour comparer les offres, mais il n'a pas de valeur contractuelle. Les quantités réelles seront différentes.
Un acheteur y recourt quand il sait ce dont il aura besoin, mais pas en quelle quantité ni à quel moment.
Une collectivité qui passe un marché d'entretien de ses bâtiments sur quatre ans ne peut pas savoir combien de mètres carrés de peinture seront repris en 2028, ni combien de chasses d'eau seront remplacées. Elle décrit donc chaque prestation élémentaire et demande un prix à l'unité, valable pour toute la durée. Ensuite, elle commande au fil de l'eau.
Ce type de contrat porte un nom : le marché à bons de commande, aujourd'hui rangé dans la catégorie des accords-cadres. Il s'accompagne en général d'un montant minimum, d'un montant maximum, ou des deux. Le minimum est un engagement de l'acheteur à commander au moins ce volume ; le maximum plafonne ce qu'il pourra commander sans passer un nouveau marché. Un marché sans minimum ne garantit aucun chiffre d'affaires, et c'est un point à regarder avant d'engager du temps de réponse.
Les prestations couvertes sont typiquement l'entretien courant, le dépannage, la maintenance, les petits travaux de second oeuvre et les interventions d'urgence, c'est-à-dire le quotidien d'un artisan de proximité.
Le tableau est plus simple qu'une DPGF, puisqu'il lui manque une colonne.
| Colonne | Contenu |
|---|---|
| Référence | Numérotation du poste, souvent par famille de prestation |
| Désignation | Description de la prestation élémentaire, renvoyant au CCTP |
| Unité | ml, m², u, h, forfait, avec parfois des tranches |
| Prix unitaire HT | La seule colonne que vous remplissez |
Les bordereaux d'entretien contiennent facilement deux cents à mille lignes, parce qu'ils déclinent chaque prestation par dimension, par matériau et par situation. Vingt références de raccords cuivre, quinze diamètres de câble, des prix distincts selon qu'on intervient en journée, en soirée ou le week-end.
Deux mécanismes reviennent presque toujours et méritent d'être repérés avant de chiffrer. Le prix horaire de main d'oeuvre figure en tête de bordereau et sert de base à toutes les interventions non répertoriées : c'est une ligne stratégique, souvent plus décisive que les cent suivantes. Le coefficient sur fournitures, ou coefficient de vente, s'applique à un tarif fournisseur public pour tout ce qui n'est pas listé, et il faut vérifier sur quel tarif de référence il s'applique, remisé ou non.
Le DQE reprend le bordereau et lui ajoute des quantités estimatives. Multipliées par vos prix, elles donnent un total, et ce total sert à noter le critère prix.
Le mot important est estimatif. L'acheteur construit un scénario plausible à partir de son historique, mais ce scénario n'engage personne. Les juridictions administratives le rappellent régulièrement : le DQE est un instrument de comparaison, pas une commande. Vous ne pourrez pas réclamer parce que la ligne annoncée à 300 unités n'a été commandée que 40 fois.
Voici comment les trois pièces se répartissent les rôles.
| DPGF | BPU | DQE | |
|---|---|---|---|
| Quantités | Fournies et contractuelles | Aucune | Estimatives, non contractuelles |
| Valeur | Contractuelle | Contractuelle | Aucune |
| Sert à | Fixer le forfait | Facturer les commandes | Classer les offres |
| Type de marché | Prix forfaitaire | Prix unitaires | Prix unitaires |
| Risque principal | Un poste oublié reste dû | Un prix trop bas court des années | Chiffrer en regardant les mauvaises lignes |
La logique du prix forfaitaire est développée dans l'article consacré à la DPGF, y compris pour le cas où un même dossier mélange les deux mécanismes, avec une part forfaitaire et une part à prix unitaires.
Sur certaines consultations, les quantités du DQE ne sont pas communiquées. L'acheteur annonce qu'il appliquera son propre scénario aux prix reçus, après ouverture des plis.
Cette pratique répond à un comportement bien identifié. Quand les quantités sont visibles, une entreprise peut placer des prix très bas sur les lignes lourdement quantifiées, qui font la note, et se rattraper sur les lignes marginales, qui n'y comptent presque pas mais seront commandées en réalité. Le résultat est une offre optimisée pour le classement, pas pour l'exécution.
Le DQE masqué neutralise ce calcul. Pour l'entreprise, il a un effet secondaire plutôt sain : puisqu'aucune ligne ne peut être identifiée comme stratégique, la seule stratégie qui tienne est de chiffrer chaque prix à son coût réel plus la marge. C'est aussi ce qui rend ces consultations plus lisibles pour un artisan qui n'a pas de service dédié aux appels d'offres.
Quand les quantités sont visibles, la tentation existe et elle est risquée. Un prix nul ou manifestement dérisoire sur une ligne peut conduire l'acheteur à demander des justifications, puis à rejeter l'offre comme anormalement basse. Beaucoup de règlements de consultation interdisent d'ailleurs explicitement les prix à zéro ou négatifs.
Un prix unitaire posé aujourd'hui vous suivra jusqu'à la fin du marché. La méthode ne change pas, mais l'horizon de temps oblige à quelques précautions.
Le chiffrage se fait au coût complet, jamais au coût marginal. Une intervention d'une heure chez un client n'est jamais une heure : il y a le trajet, le stationnement, la prise de contact, le matériel embarqué et le compte rendu. Un prix horaire construit sur le seul temps productif ne tient pas sur la durée. Nos repères de prix par métier donnent un ordre de grandeur pour recouper.
La clause de révision des prix se lit avant de poser le premier chiffre. Le CCAP indique si les prix sont fermes, actualisables ou révisables, et selon quelle formule. Un prix ferme sur trois ans dans une période d'inflation des matériaux impose une provision que peu d'entreprises intègrent, alors qu'un prix révisable sur index BT permet de rester serré. Ce point est traité dans l'article sur le CCAP et le CCAG travaux.
Sur un bordereau de six cents lignes, personne ne chiffre chaque poste isolément, et il vaut mieux travailler par famille : un prix de référence, puis une progression par diamètre, par dimension ou par difficulté. C'est plus rapide et plus cohérent, parce qu'un bordereau chiffré ligne à ligne finit toujours par contenir des écarts que l'acheteur repérera.
Les interventions d'urgence méritent un examen séparé. Si le bordereau prévoit des majorations pour astreinte, nuit ou week-end, vérifiez qu'elles couvrent réellement le surcoût, parce qu'une majoration de 25 % sur un dépannage de nuit ne va pas très loin.
Enfin, gardez le bordereau chiffré. Le marché suivant reprendra les trois quarts des lignes, et vous n'aurez pas à tout reprendre. C'est la même logique qu'une bibliothèque de prix, alimentée une fois et réutilisée ensuite.
Sur Chantiq, cette bibliothèque s'alimente par import d'un fichier Excel ou CSV comportant la désignation, l'unité, le prix unitaire hors taxes et le taux de TVA, ce qui correspond aux colonnes d'un bordereau déjà rempli. Le fonctionnement est décrit dans l'aide sur la bibliothèque de produits.
Le marché signé ne déclenche aucun travail. Il installe un cadre.
Chaque besoin donne lieu à une commande : un bon de commande, ou un ordre de service selon les usages de l'acheteur, qui identifie la prestation par sa référence au bordereau, indique la quantité et fixe le délai. C'est cette pièce qui vous autorise à intervenir, et intervenir sans elle vous expose à ne pas être payé. La mécanique générale de ce document est détaillée dans l'article sur le bon de commande.
La facturation suit les quantités réellement exécutées, valorisées aux prix du bordereau. Le relevé contradictoire des quantités, quand il existe, se fait sur place et se signe : c'est la pièce qui évitera la discussion trois mois plus tard. Les délais de paiement en marché public et les intérêts qui courent en cas de retard sont traités dans l'article sur le CCAP et le CCAG travaux, et la procédure à suivre côté marché privé dans le guide sur la relance des factures impayées.
Un point de vigilance sur le volume. Sur un marché d'entretien actif, le nombre de petites factures explose : quinze à quarante par mois, chacune rattachée à un bon de commande. C'est rarement un problème technique, c'est un problème de temps administratif, et c'est ce qui décide si le marché est rentable ou pas. La facturation électronique ne change rien à ce volume, elle en change le format.
Sur Chantiq, chaque commande devient un projet avec son devis, sa facture et ses photos regroupés au même endroit, ce qui rend le rapprochement plus simple en fin de mois. Ce que le produit ne fait pas, autant l'écrire : il ne remplit pas un bordereau de prix unitaires et ne dépose pas d'offre sur un profil acheteur.
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BPU signifie bordereau des prix unitaires. C'est la liste des prestations d'un marché avec, pour chacune, un prix à l'unité et sans quantité. Il s'emploie dans les marchés à prix unitaires, où le paiement suit les quantités réellement commandées et exécutées.
DQE signifie détail quantitatif estimatif. C'est le même bordereau que le BPU, auquel l'acheteur a ajouté des quantités estimatives afin d'obtenir un montant total comparable d'une offre à l'autre. Il sert uniquement à noter le critère prix.
Le BPU est contractuel et sert à facturer : ses prix unitaires s'appliquent pendant toute la durée du marché. Le DQE n'est pas contractuel, il ne sert qu'à comparer les offres sur un scénario de quantités commun. Le marché réel se déroulera sur d'autres quantités.
La DPGF concerne les marchés à prix forfaitaire : les quantités sont figées et le total engage l'entreprise. Le BPU concerne les marchés à prix unitaires : il n'y a pas de quantité contractuelle, et l'entreprise est payée sur ce qui est réellement exécuté.
C'est un DQE dont les quantités ne sont pas communiquées aux candidats. L'acheteur applique son propre scénario aux prix du bordereau après réception des offres, pour éviter qu'une entreprise n'optimise ses prix ligne par ligne en fonction du poids de chaque poste.
C'est fortement déconseillé et souvent interdit par le règlement de consultation. Un prix nul ou dérisoire sur une ligne peu quantifiée dans le DQE mais très commandée en réalité caractérise une offre déséquilibrée, et l'acheteur peut demander des justifications puis rejeter l'offre comme anormalement basse.
Sur les quantités réellement exécutées, valorisées aux prix du bordereau, dans la limite du montant maximum du marché s'il en existe un. Chaque commande donne lieu à un bon de commande ou à un ordre de service qui déclenche l'intervention, puis à une demande de paiement.
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