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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
La DPGF ressemble à un devis, mais elle n'en est pas un. C'est une trame imposée par le maître d'ouvrage, que vous remplissez ligne à ligne, et dont le total vous engage même si une prestation manque.

La DPGF arrive rarement seule. Elle est dans un dossier zippé, avec un CCTP de quarante pages, des plans, un CCAP et un règlement de consultation. C'est un tableur, souvent verrouillé, avec des lignes numérotées en 1.1, 1.2, 2.1, et une colonne vide qui attend vos prix.
Le réflexe est de la traiter comme un devis à trous, et c'est la première erreur. Sur un devis, vous décidez du découpage et vous ajoutez ce que vous voulez. Sur une DPGF, quelqu'un d'autre a décidé du découpage, et ce qui n'y figure pas reste dû quand même.
Réponse rapide
La DPGF, ou décomposition du prix global et forfaitaire, est le tableau imposé par le maître d'ouvrage dans lequel l'entreprise détaille comment elle arrive au montant de son offre. Elle s'emploie dans les marchés à prix forfaitaire : le total engage l'entreprise, et une prestation décrite au CCTP mais oubliée au chiffrage reste due sans supplément.
Décomposition du prix global et forfaitaire, et les trois termes ont chacun une conséquence pratique. Global signifie que le marché est réglé pour un montant d'ensemble, pas à la surface posée ni à l'heure passée. Forfaitaire signifie que ce montant ne bouge pas si les quantités réelles s'écartent des quantités annoncées. Décomposition signifie que le tableau doit montrer par quel chemin vous arrivez à ce montant.
Cette dernière partie explique pourquoi le maître d'ouvrage la réclame. Sans détail, deux offres à 48 000 euros sont indiscernables. Avec le détail, il voit que l'une a chiffré la dépose à 900 euros et l'autre à 3 400, et il peut poser la question. C'est aussi la base sur laquelle seront valorisés les travaux modificatifs en cours de chantier, et sur laquelle seront calculés vos acomptes mensuels.
Un point de vocabulaire à connaître, parce qu'il traîne dans tous les dossiers : on écrit indifféremment « la DPGF » ou « le DPGF ». L'usage professionnel penche pour le féminin, puisqu'il s'agit d'une décomposition.
Les deux, mais pas les mêmes colonnes.
Le maître d'oeuvre, architecte ou bureau d'études, construit la trame. Il définit les lots, l'arborescence des postes, les désignations, les unités et les quantités. Ce travail découle du CCTP qu'il a rédigé et des plans qu'il a produits. C'est une pièce du dossier de consultation, au même titre que les autres.
L'entreprise qui répond remplit une seule colonne, celle du prix unitaire hors taxes. Le reste se calcule. Le règlement de consultation interdit en général de modifier la structure du tableau, d'ajouter ou de supprimer des lignes, ou de changer les quantités. Une offre qui arrive avec une trame remaniée s'expose à être écartée comme non conforme, et c'est un motif de rejet fréquent.
En marché privé, chez un particulier ou un promoteur, la règle est plus souple. L'architecte transmet parfois une trame ouverte, et vous pouvez négocier une ligne supplémentaire. Le principe du forfait, lui, reste le même.
La structure est presque toujours identique, quel que soit le corps d'état.
| Colonne | Rempli par | Contenu |
|---|---|---|
| N° de poste | Maître d'oeuvre | Numérotation hiérarchique, 1.1, 1.2, 2.1, calée sur le CCTP |
| Désignation | Maître d'oeuvre | Intitulé court renvoyant à un article du CCTP |
| Unité | Maître d'oeuvre | m², ml, m³, u, ens, forfait |
| Quantité | Maître d'oeuvre | Issue du métré, parfois annoncée comme indicative |
| Prix unitaire HT | Entreprise | La seule colonne qui vous appartient |
| Total HT | Formule | Quantité multipliée par le prix unitaire |
Les lignes sont regroupées par chapitres qui suivent l'ordre du chantier : installation, dépose et démolition, gros oeuvre ou support, ouvrage principal, finitions, nettoyage et repli. Un chapitre porte souvent un sous-total, et le tableau se termine par un total hors taxes, la TVA et le total toutes taxes comprises.
Deux mentions changent la lecture. « Quantités indicatives » signifie que le métré est donné pour information et qu'il vous appartient de le vérifier sur les plans, ce qui ne vous dispense pas du forfait. « Poste pour mémoire », abrégé PM, désigne une prestation identifiée mais non chiffrée, souvent parce qu'elle relève d'un autre lot.
Le piège n'est pas dans le calcul, il est dans l'ordre des opérations. Chiffrer poste par poste en descendant le tableau conduit à répartir au hasard les frais qui ne se rattachent à aucune ligne précise.
Le premier geste est donc de commencer par le CCTP. Chaque poste renvoie à un article technique qui dit la vraie étendue du travail, et une ligne « Peinture murs, deux couches, 180 m² » peut cacher un article imposant un rebouchage complet, un primaire d'accrochage et une protection des sols. Le chiffrage se fait sur l'article, pas sur l'intitulé.
Vient ensuite la vérification du métré sur les plans, pour les postes qui pèsent le plus. Inutile de tout recontrôler : les trois ou quatre lignes qui font la moitié du montant suffisent, et un écart de 15 % sur le poste principal se voit tout de suite dans le total.
Chaque prix unitaire gagne à être décomposé en fournitures, main d'oeuvre et matériel avant qu'on y ajoute les frais généraux et la marge. Un prix posé d'instinct passe rarement l'épreuve d'une négociation, parce que vous ne saurez pas dire ce qu'il contient. Nos fourchettes de prix par métier donnent un ordre de grandeur pour recouper vos propres chiffres.
L'installation de chantier mérite une attention à part. Échafaudage, benne, protections, bungalow, nettoyage et repli ont presque toujours leurs propres lignes en début et en fin de trame. Les diluer dans le prix des ouvrages fausse la décomposition, et particulièrement le jour où le maître d'ouvrage vous demande de valoriser une partie des travaux en moins.
Reste la relecture des totaux avant l'envoi. Les trames circulent, se copient d'une consultation à l'autre et arrivent parfois avec une formule cassée ou une plage de somme qui saute une ligne. Le montant qui vous engage est celui inscrit à l'acte d'engagement, et l'écart avec la DPGF se règle rarement en votre faveur.
C'est la question qui coûte le plus cher, et la réponse dépend entièrement du moment où vous la posez.
Avant la remise des offres, la consultation prévoit une période de questions écrites via le profil acheteur. Une question sur un poste absent ou une quantité douteuse est traitée et la réponse est diffusée à tous les candidats. C'est gratuit et c'est le seul moment où le tableau peut encore bouger.
Après la remise, le forfait joue. Une prestation décrite au CCTP mais que vous avez oublié de chiffrer reste due au prix de votre offre. Le raisonnement des juridictions administratives est constant sur ce point : l'entreprise est réputée avoir pris connaissance de l'ensemble des pièces et avoir intégré dans son prix tout ce qui est nécessaire à la réalisation de l'ouvrage décrit.
Une nuance existe pour les quantités. Si le maître d'ouvrage a lui-même arrêté les quantités et que l'écart constaté est important, la discussion redevient possible, en particulier quand la trame annonçait des quantités fermes et non indicatives. Mais c'est un contentieux, pas un droit automatique, et il se plaide avec les pièces du marché en main.
En marché privé, un travail supplémentaire non prévu se traite par un avenant écrit, signé avant exécution. Un devis complémentaire accepté par mail vaut mieux qu'un accord verbal sur le chantier, et la même règle vaut d'ailleurs pour un devis classique modifié en cours de route.
Ces trois pièces se ressemblent et ne s'utilisent pas dans les mêmes marchés. La différence tient à la forme du prix voulue par l'acheteur.
| DPGF | BPU | DQE | |
|---|---|---|---|
| Forme du prix | Forfaitaire | Unitaire | Unitaire |
| Quantités | Fournies et figées | Absentes | Estimatives |
| Ce qui engage | Le total | Chaque prix unitaire | Rien, c'est un scénario |
| Paiement | Sur le forfait | Sur les quantités exécutées | Sans objet |
| Usage type | Chantier défini, plans arrêtés | Marché à bons de commande, entretien | Comparaison des offres |
Le point qui surprend le plus est le statut du DQE. Il applique des quantités fictives au bordereau de prix pour permettre à l'acheteur de classer les offres, mais il n'a pas de valeur contractuelle : le marché réel se déroulera sur d'autres quantités. Le fonctionnement de ce binôme est détaillé dans l'article consacré au BPU et au DQE.
Un même dossier peut d'ailleurs contenir les deux logiques, avec une tranche ferme au forfait et une tranche d'entretien à prix unitaires.
La question revient souvent, et la réponse pratique déçoit un peu : la trame vous est fournie, et c'est celle-là qu'il faut renvoyer. Chercher un modèle générique pour répondre à une consultation revient à préparer une offre non conforme.
Un modèle garde deux utilités. Comprendre la structure attendue quand on répond pour la première fois, d'abord. Préparer un chiffrage détaillé en marché privé, ensuite, quand le client ou l'architecte n'impose aucune trame et attend simplement un devis décomposé par postes. Dans ce second cas, ce que vous produisez est un devis, avec les mentions obligatoires qui vont avec, et il vaut mieux partir d'une trame de devis propre que d'une DPGF vidée. Nos quatre modèles de devis BTP couvrent ce besoin, et les formules de ventilation de TVA sont détaillées dans le guide du devis sur Excel.
Une précision utile en marché public : la DPGF ne doit pas mentionner de marque ni de référence commerciale précise, puisque le code de la commande publique impose la neutralité entre candidats. Vous chiffrez des caractéristiques techniques, pas un produit d'un fournisseur donné. En marché privé, rien ne l'interdit, et nommer la référence protège plutôt de la discussion sur l'équivalence.
Elle ne s'arrête pas à la remise de l'offre. Une fois le marché signé, elle continue de servir.
Elle sert d'abord au calcul des acomptes. Les situations mensuelles se construisent en appliquant un pourcentage d'avancement aux postes de la décomposition, ce qui rend le mécanisme des situations de travaux beaucoup plus simple quand la décomposition est fine. Une DPGF de six lignes rend chaque situation discutable.
Elle sert ensuite à valoriser les modifications. Un poste supprimé se déduit à son prix de DPGF, un poste ajouté se négocie par référence aux prix voisins. Une décomposition serrée vous donne des arguments, une décomposition grossière donne les siens au maître d'oeuvre.
Elle sert enfin de mémoire. Deux ans plus tard, sur une consultation comparable, votre DPGF remplie est le meilleur point de départ qui existe. C'est la logique d'une bibliothèque de prix, qui évite de rechiffrer chaque fois les mêmes ouvrages.
Sur Chantiq, cette bibliothèque s'alimente par import d'un fichier Excel ou CSV, avec la désignation, l'unité, le prix unitaire hors taxes et le taux de TVA, ce qui correspond exactement aux colonnes d'une DPGF que vous venez de remplir. Le fonctionnement est décrit dans l'aide sur la bibliothèque de produits.
Une chose que Chantiq ne fait pas, autant le dire : il ne remplit pas une DPGF à votre place et ne dépose pas d'offre sur un profil acheteur. Il génère un devis structuré à partir d'une description de chantier, avec les prix, les unités et la TVA par ligne, et c'est ce chiffrage que vous reportez ensuite dans la trame imposée.
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DPGF signifie décomposition du prix global et forfaitaire. C'est le tableau, fourni par le maître d'ouvrage ou son maître d'oeuvre, dans lequel une entreprise détaille poste par poste comment elle arrive au montant forfaitaire de son offre. Le total de la DPGF est le prix du marché.
L'architecte ou le maître d'oeuvre rédige la trame et fixe les postes et les quantités. L'entreprise qui répond remplit la colonne des prix unitaires et laisse le tableau calculer les totaux. Modifier la structure de la trame est en général proscrit par le règlement de consultation.
Le CCTP décrit ce qu'il faut faire, avec quels matériaux et selon quelles règles de l'art. La DPGF chiffre ce que le CCTP décrit, poste par poste. Les deux se lisent ensemble : un poste de DPGF d'une ligne peut renvoyer à deux pages de prescriptions techniques.
La DPGF sert aux marchés à prix forfaitaire : les quantités sont figées et le total engage l'entreprise. Le BPU sert aux marchés à prix unitaires : il liste des prix à l'unité sans quantités, et le paiement suit les quantités réellement exécutées.
Oui, dès lors que le marché la liste parmi ses pièces contractuelles, ce qui est le cas général. Son total devient le prix du marché et son détail sert de base au règlement des acomptes et à la valorisation des travaux modificatifs.
Il faut le signaler par écrit pendant la période de questions de la consultation, avant la remise des offres. Une fois l'offre remise, un oubli de chiffrage sur une prestation décrite au CCTP reste dû au prix forfaitaire, sans supplément possible. Certaines trames prévoient des lignes libres pour ajouter un poste.
La trame vous est fournie avec le dossier de consultation, le plus souvent en tableur, et c'est celle-là qu'il faut utiliser. Un modèle générique ne sert qu'à comprendre la structure ou à préparer un chiffrage en marché privé, jamais à remplacer la trame du dossier.
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