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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
Établir un devis, ligne par ligne : les informations à réunir, la façon de rédiger les prestations, le bon taux de TVA, le calcul des totaux, les mentions obligatoires et le support à choisir. La méthode complète, avec un exemple chiffré.

Faire un devis, ce n'est pas remplir un formulaire : c'est produire le document qui va convaincre le client de vous choisir, et qui vous engage juridiquement sur le prix une fois signé. Il est d'ailleurs obligatoire dès 150 € TTC sur les travaux de dépannage, de réparation et d'entretien, et systématiquement dès qu'un client le demande. Beaucoup d'artisans improvisent encore leur devis sur un modèle Word recyclé depuis des années, avec le risque d'oublier une mention obligatoire ou de se tromper de taux de TVA sur une ligne.
Voici la méthode complète, étape par étape, pour établir un devis structuré, conforme, et qui donne confiance au client dès la première lecture.
Réponse rapide
Faire un devis consiste à lister les prestations et fournitures du chantier, ligne par ligne, avec quantité, unité et prix unitaire HT, à appliquer le bon taux de TVA à chaque ligne (5,5 %, 10 % ou 20 %), à calculer les totaux HT/TVA/TTC, puis à ajouter les mentions obligatoires (SIRET, assurance décennale, durée de validité) avant envoi au client.
Un devis remplit trois fonctions qui n'ont rien à voir entre elles, et c'est ce qui explique qu'un document mal fait pose problème longtemps après le chantier.
C'est un document commercial. Le client compare rarement des artisans, il compare des devis. Un chiffrage lisible, découpé par prestation, gagne face à un forfait global à 6 800 € sans détail, même quand ce forfait est moins cher.
C'est une offre de prix qui vous engage. Une fois signé avec la mention « bon pour accord », le devis vaut contrat. Le prix devient ferme, le contenu des travaux aussi. C'est aussi votre protection : le client ne peut pas exiger une prestation qui n'y figure pas sans en payer le supplément.
C'est une obligation légale dans plusieurs cas. Pour les prestations de dépannage, de réparation et d'entretien du bâtiment, dès 150 € TTC. Sans seuil dès que le client le demande, et sans seuil en rénovation énergétique. Le détail des cas et des exceptions est dans notre article sur le montant à partir duquel un devis est obligatoire.
Un point réglé au passage, parce que la question revient souvent : le devis est gratuit par principe, mais rien ne vous interdit de le facturer quand il suppose un déplacement, un métré ou une étude technique. La seule règle est d'annoncer le montant avant, pas au moment de l'envoyer.
Avant d'ouvrir un tableur ou un logiciel, réunissez trois blocs d'informations :
Sauter cette étape, c'est la cause n°1 des devis à rallonge : on rédige, puis on doit rouvrir le document trois fois pour ajouter une info oubliée.
Trois expressions circulent sur les chantiers, et aucune n'est une catégorie juridique. La loi ne connaît qu'une chose : une offre de prix écrite et détaillée. La distinction reste utile pour savoir ce que vous êtes en train d'envoyer.
| Appellation courante | Ce qu'elle contient | Ce qu'elle engage |
|---|---|---|
| Devis descriptif | La nature et l'étendue des travaux, sans chiffrage ligne à ligne | Rien tant qu'aucun prix n'est ferme ; sert à cadrer la demande |
| Devis estimatif | Une enveloppe de prix approximative, souvent par lot | Une fourchette annoncée, difficile à contester par le client, difficile à défendre par vous |
| Devis quantitatif détaillé | Chaque prestation et fourniture, avec unité, quantité, prix unitaire et TVA | Le prix ferme, une fois signé |
Le seul qui protège les deux parties est le troisième. Un « devis estimatif » envoyé par mail sans mention de son caractère provisoire finit régulièrement en litige, parce que le client a retenu le chiffre et vous la marge d'erreur.
Sur les chantiers publics ou passés par un maître d'œuvre, le vocabulaire change encore : on parle de DPGF ou de bordereau de prix unitaires, remplis à partir de la trame imposée par le CCTP.
Un devis lisible sépare toujours main-d'œuvre et fournitures, même quand elles concernent la même prestation. Chaque ligne doit contenir :
Voici à quoi ressemble un chiffrage réel sur un chantier d'isolation de combles avec une reprise de peinture, cas typique où deux taux de TVA cohabitent sur le même document :
| Désignation | Unité | Qté | P.U. HT | TVA | Total HT |
|---|---|---|---|---|---|
| Fourniture laine minérale soufflée (R = 7) | m² | 60 | 12,00 € | 5,5 % | 720,00 € |
| Soufflage isolation combles perdus | m² | 60 | 9,00 € | 5,5 % | 540,00 € |
| Trappe d'accès isolée et repères de niveau | forfait | 1 | 180,00 € | 5,5 % | 180,00 € |
| Reprise peinture plafond cage d'escalier | m² | 14 | 28,00 € | 10 % | 392,00 € |
| Main-d'œuvre peinture | h | 4 | 42,00 € | 10 % | 168,00 € |
Quelques habitudes de rédaction changent le taux de signature. Nommez la marque ou la référence quand elle est imposée par le client, sinon écrivez « ou équivalent » pour garder la main sur l'approvisionnement. Indiquez ce qui n'est pas compris (évacuation des gravats, reprise d'électricité, protection des sols) plutôt que de le laisser deviner. Gardez enfin une ligne par prestation identifiable : un client qui veut réduire son budget doit pouvoir retirer une ligne, plutôt que de renoncer au chantier.
Pour voir cette structure appliquée à un chantier complet de A à Z, avec le tableau des lignes, les totaux et un modèle à copier, consultez notre exemple de devis commenté, ou un cas métier entièrement chiffré avec notre exemple de devis peinture.
C'est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse : appliquer un seul taux à l'ensemble du devis par facilité, au lieu de raisonner ligne par ligne.
| Taux | Cas d'usage |
|---|---|
| 5,5 % | Rénovation énergétique (isolation, pompe à chaleur, menuiseries, chaudière à condensation) |
| 10 % | Rénovation et entretien standard dans un logement de plus de 2 ans |
| 20 % | Constructions neuves, extensions de plus de 10 % de la surface, fournitures vendues sans pose |
Un même devis peut parfaitement mélanger les trois taux si le chantier le justifie, comme dans l'exemple ci-dessus. Deux conditions à ne pas oublier sur les taux réduits : le logement doit être achevé depuis plus de deux ans, et le client doit signer une attestation que vous conservez avec le devis. Le détail des conditions et le formulaire concerné sont dans notre guide de l'attestation de TVA réduite, et les règles complètes dans les 3 taux de TVA expliqués et le guide TVA travaux 2026.
Cas particulier à connaître si vous travaillez pour une entreprise générale : en sous-traitance de travaux immobiliers, c'est le donneur d'ordre qui déclare la TVA, et votre devis doit porter la mention d'autoliquidation.
Le calcul se fait en trois temps, une fois toutes les lignes saisies :
Repris sur l'exemple d'isolation ci-dessus, cela donne :
| Récapitulatif | Base HT | TVA | Montant TVA |
|---|---|---|---|
| Prestations à taux réduit | 1 440,00 € | 5,5 % | 79,20 € |
| Prestations à taux intermédiaire | 560,00 € | 10 % | 56,00 € |
| Total HT | 2 000,00 € | ||
| Total TVA | 135,20 € | ||
| Total TTC | 2 135,20 € |
Le devis doit afficher ce récapitulatif par taux, pas seulement un total TTC global. C'est ce que regarde l'administration en cas de contrôle sur un taux réduit, et c'est aussi ce qui permet au client de vérifier qu'il n'y a pas d'erreur.
Si le chantier prévoit un versement à la commande, ajoutez la ligne d'acompte au récapitulatif avec son montant TTC. Le pourcentage d'usage et les limites sont traités dans notre article sur l'acompte sur un devis d'artisan.
Un devis structuré et bien chiffré peut quand même être juridiquement invalide s'il manque une mention. Avant l'envoi, vérifiez que le document contient a minima :
La liste complète, avec les cas particuliers (RGE, sous-traitance, délai de rétractation de 14 jours), est détaillée dans notre guide dédié : les mentions obligatoires d'un devis d'artisan.
La loi n'impose aucun format. Un devis manuscrit sur carnet à souche reste parfaitement valable s'il contient les mentions obligatoires. Ce qui change d'un support à l'autre, c'est le temps passé et le nombre d'occasions de se tromper.
| Support | Ce qu'il fait bien | Sa limite |
|---|---|---|
| Carnet à souche, papier | Signature immédiate sur place, aucun matériel | Recopie à la main, calculs de TVA à faire soi-même, archivage fragile |
| Modèle Word | Mise en page soignée, document professionnel | Aucun calcul automatique, une ligne ajoutée casse souvent le tableau |
| Tableur Excel | Calculs automatiques, duplication d'un chantier à l'autre | La TVA par ligne et la numérotation unique se gèrent mal dès que les devis s'accumulent |
| Logiciel de devis | Mentions, TVA, numérotation et conversion en facture automatisées | Un abonnement, et un temps de prise en main au démarrage |
Si vous partez du papier ou du traitement de texte, nos trames sont prêtes à remplir : modèle de devis Word, devis sur Excel, facturier et carnet à souche, et nos modèles de devis BTP gratuits.
Un point de calendrier à intégrer si vous choisissez maintenant votre support : la facturation électronique devient obligatoire pour toutes les entreprises, à la réception au 1er septembre 2026 et à l'émission au 1er septembre 2027 pour les TPE et micro-entreprises. Le devis n'est pas concerné, la facture qui en découle si. Le calendrier complet évite d'investir dans un outil qui ne suivra pas.
La méthode est la même, à deux nuances près. Tant que vous relevez de la franchise en base de TVA, votre devis n'affiche aucun taux et porte la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » : les prix sont nets, il n'y a ni total HT ni total TTC distincts. Vous ne facturez pas de TVA, mais vous ne la récupérez pas non plus sur vos achats de matériaux, ce qui doit se retrouver dans vos prix.
Deuxième nuance : pas de numéro RCS ni de capital social à mentionner. En revanche, l'assurance décennale reste obligatoire, sans dérogation liée au statut. Le détail est dans notre guide du devis auto-entrepreneur et dans assurance décennale auto-entrepreneur.
Le squelette est identique, le découpage des lignes et les unités changent selon le corps de métier. Nos guides chiffrés par spécialité :
Une fois le devis finalisé, trois options s'offrent à vous : remise en main propre lors du rendez-vous, envoi par email avec le PDF en pièce jointe, ou envoi d'un lien de signature électronique. Cette dernière option accélère nettement le taux de retour : le client signe depuis son téléphone, sans imprimer ni scanner.
Un devis signé avec la mention « bon pour accord » vaut contrat. Ce qui rend cette mention engageante, sur papier comme en électronique, est expliqué dans notre guide bon pour accord sur un devis, et les conditions dans lesquelles on peut encore revenir sur un devis signé sont strictement encadrées. Conservez la date de signature : elle sert de point de départ au délai d'intervention et, le cas échéant, au délai de rétractation de 14 jours quand la signature a eu lieu hors de votre établissement (au domicile du client, sur le chantier).
Le forfait global sans détail. Il donne l'impression qu'on cache quelque chose, et il rend toute discussion de prix impossible autrement qu'en baissant le total.
Les quantités reprises de mémoire. Un métré approximatif se paie deux fois : en perte de marge si vous avez sous-estimé, en devis perdu si vous avez pris trop de marge de sécurité.
Le devis envoyé trois semaines après la visite. Sur un particulier, le premier devis arrivé prend souvent le chantier, à qualité égale. C'est le seul point de cette liste qui ne dépend d'aucune compétence technique.
La ligne « divers » ou « imprévus ». Le client la lit comme un chèque en blanc. Mieux vaut une prestation nommée, ou une phrase qui précise ce qui déclencherait un avenant.
Le copier-coller d'un ancien devis sans relecture. L'adresse du chantier précédent, un taux de TVA hérité d'un autre client, un numéro de devis déjà utilisé : trois erreurs qui se voient et qui coûtent la confiance.
Reproduire cette méthode à la main, chantier après chantier, fonctionne, mais elle prend du temps et laisse filer des oublis (une ligne de TVA, une mention, une numérotation qui se chevauche avec un autre devis). Deux leviers permettent d'aller plus vite sans sacrifier la conformité :
C'est ce que fait Chantiq : vous décrivez le chantier (« réfection salle de bain 8 m², dépose faïence, pose carrelage 60x60, remplacement robinetterie ») et l'IA génère les lignes, applique les taux de TVA et ajoute automatiquement les mentions légales. Pour que le résultat soit précis dès la première génération, quelques bons réflexes de rédaction font la différence : bien décrire son chantier à l'IA.
Une fois le devis accepté et signé, plus besoin de tout ressaisir : la facture se génère en un clic depuis le devis.
Réunissez les informations du client, du chantier et de votre entreprise. Rédigez ensuite une ligne par prestation ou fourniture, avec désignation, unité, quantité et prix unitaire HT. Appliquez le taux de TVA propre à chaque ligne, calculez le total HT, la TVA par taux puis le total TTC, et ajoutez les mentions obligatoires avant l'envoi.
On distingue en pratique le devis descriptif, qui détaille la nature des travaux, le devis estimatif, qui donne une enveloppe de prix approximative, et le devis quantitatif détaillé, qui chiffre chaque ligne avec quantité et prix unitaire. Aucune de ces trois expressions n'est une catégorie juridique : seul le devis détaillé et signé engage réellement les deux parties.
À la main, sur un tableur ou un modèle Word, comptez 30 à 45 minutes pour un devis avec plusieurs lignes de prestations et matériaux, mentions obligatoires comprises. Avec un outil qui structure automatiquement les lignes et applique la TVA, ce temps tombe à 2-3 minutes.
Le devis est obligatoire pour les travaux de dépannage, réparation et entretien du bâtiment dès 150 € TTC, et systématiquement dès qu'un client le demande, quel que soit le montant. Pour la rénovation énergétique, il est obligatoire sans seuil minimum. En dessous de 150 €, il reste conseillé pour éviter tout litige sur le prix.
Oui, lorsqu'il suppose un vrai travail préalable : déplacement, métré, étude technique. La condition est d'informer le client du montant avant de commencer, jamais après. Dans la pratique, la grande majorité des artisans restent sur un devis gratuit et le mentionnent sur le document.
Oui. Rien n'oblige un professionnel à répondre à une demande de chiffrage, sauf si le refus repose sur un motif discriminatoire. Un refus clair et rapide vaut mieux qu'un devis bâclé ou volontairement hors marché, qui abîme votre réputation locale.
Un devis reste valable sur papier, sur un modèle Word ou sur un tableur, à condition de contenir toutes les mentions obligatoires et un calcul de TVA par taux. Le tableur convient tant que vos devis restent simples ; il devient risqué dès qu'un même chantier mélange plusieurs taux de TVA ou que la numérotation doit rester unique.
Non. Pour établir un devis dans le bâtiment, il faut un numéro SIRET valide, obtenu après immatriculation (auto-entrepreneur, EURL, SARL...). Un devis émis sans SIRET n'a aucune valeur légale et vous expose à des poursuites pour travail dissimulé. Le statut auto-entrepreneur a ses propres règles de TVA et de mentions, voir notre guide devis auto-entrepreneur.
Non, un seul devis peut regrouper plusieurs taux de TVA : c'est même la norme dès qu'un chantier mélange rénovation énergétique (5,5 %) et rénovation standard (10 %) par exemple. Chaque ligne affiche son propre taux, et le récapitulatif final détaille le montant de TVA par taux appliqué.
Toute modification substantielle (nouvelles prestations, quantités différentes) doit faire l'objet d'un avenant ou d'un nouveau devis signé, jamais d'un simple accord oral. Cela protège les deux parties : le client sait ce qu'il paie en plus, et vous sécurisez le paiement du surcroît de travail.
Rien ne vous oblige légalement à relancer, mais c'est une bonne pratique commerciale : une relance à J+7 puis à J+15 avant l'expiration de la durée de validité récupère une part significative des devis "silencieux". Passé la durée de validité indiquée, le devis n'engage plus ni l'artisan ni le client.
Oui, tant qu'il n'est pas signé : vous pouvez corriger une ligne, un prix ou une quantité et renvoyer une nouvelle version. Une fois signé avec la mention "bon pour accord", le devis devient contractuel et toute modification nécessite l'accord écrit du client.
Décrivez votre chantier par texte, voix ou photo. L'IA fait le reste.