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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
Deux assurances issues de la même loi de 1978, mais pas du même côté du contrat : la décennale est la vôtre, la dommages-ouvrage est celle du client. Voici ce que chacune paie, dans quel ordre, et ce que ça change pour vous quand votre client n'en a pas souscrit.

Un client vous annonce qu'il a « pris l'assurance qui couvre les travaux » et vous demande, du coup, si votre décennale est bien nécessaire. Elle l'est, et sa question révèle une confusion très répandue : les deux assurances issues de la loi Spinetta ne protègent pas la même personne et n'interviennent pas au même moment. Savoir les distinguer vous évite d'accepter une responsabilité qui n'est pas la vôtre, ou de perdre du temps à discuter avec le mauvais assureur.
Réponse rapide
La garantie décennale est l'assurance du constructeur : elle couvre la responsabilité de l'artisan pendant dix ans après la réception et n'intervient qu'une fois cette responsabilité établie. L'assurance dommages-ouvrage est celle du maître d'ouvrage, le client : elle préfinance la réparation des désordres de nature décennale sans attendre la désignation d'un responsable, puis se retourne contre l'assureur décennal du constructeur fautif. Les deux sont obligatoires, chacune pour une partie différente du contrat.
Les deux obligations viennent du même texte, la loi Spinetta du 4 janvier 1978, qui a réformé l'assurance construction en France en imposant une double couverture : une du côté de celui qui construit, une du côté de celui qui fait construire.
| Garantie décennale | Assurance dommages-ouvrage | |
|---|---|---|
| Qui souscrit | L'artisan, l'entreprise, le constructeur | Le maître d'ouvrage, c'est-à-dire le client |
| Nature | Assurance de responsabilité | Assurance de chose, sans recherche de faute |
| Base légale | Art. 1792 du code civil, art. L241-1 c. assurances | Art. L242-1 du code des assurances |
| Déclenchement | Après mise en cause de la responsabilité | Sur simple déclaration du dommage |
| Durée | 10 ans à compter de la réception | 10 ans à compter de la réception |
| Payée par | L'entreprise | Le client |
De cette différence de nature découle tout le reste. Une assurance de responsabilité suppose qu'on ait établi qui a mal fait son travail : elle arrive donc après le débat, parfois après une expertise judiciaire. Une assurance de chose paie la réparation du bien sans attendre ce débat, quitte à chercher ensuite qui remboursera.
Elle sert la vitesse. Sans elle, un client qui découvre des infiltrations trois ans après la réception doit démontrer votre responsabilité avant d'obtenir quoi que ce soit, ce qui prend souvent plusieurs années entre l'expertise et le jugement. Pendant ce temps, le désordre s'aggrave et personne ne finance les travaux.
Avec une dommages-ouvrage, le mécanisme est encadré par des délais stricts que l'article L242-1 impose à l'assureur :
L'assureur indemnise, les travaux se font, puis il exerce son recours subrogatoire contre l'assureur décennal de l'entreprise responsable. C'est à ce stade seulement que votre propre assureur entre en scène, avec un dossier déjà instruit.
Le champ des dommages couverts est calqué sur celui de la décennale : les désordres qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, tels que définis dans notre guide de la garantie décennale artisan. Une finition ratée ou un équipement en panne relèvent d'autres régimes, détaillés dans nos articles sur la garantie de parfait achèvement et la garantie biennale.
Oui pour des travaux de construction, et cette obligation surprend beaucoup de particuliers. Elle pèse sur toute personne, physique ou morale, qui fait réaliser des travaux de construction en qualité de propriétaire, de vendeur ou de mandataire.
Une nuance importante existe cependant sur la sanction. L'article L243-3, qui punit le défaut d'assurance obligatoire, exclut expressément de son champ pénal la personne physique qui fait construire un logement pour l'occuper elle-même ou le faire occuper par son conjoint, ses ascendants ou ses descendants. Autrement dit, le particulier qui fait construire sa propre maison sans dommages-ouvrage n'est pas poursuivi pénalement, alors que l'obligation reste juridiquement à sa charge.
C'est ce décalage qui explique le nombre de chantiers réalisés sans dommages-ouvrage en rénovation chez les particuliers. La sanction réelle arrive plus tard, à la revente : le notaire mentionne l'absence d'assurance dans l'acte, l'acquéreur négocie le prix à la baisse ou renonce, et le vendeur reste tenu des désordres pendant les dix ans qui suivent la réception des travaux.
Votre obligation ne bouge pas d'un millimètre : la décennale reste due, quel que soit le niveau de couverture de votre client. Ce qui change, c'est votre exposition pratique en cas de désordre.
Vous devenez le premier interlocuteur du client, et le seul. Là où une dommages-ouvrage aurait absorbé le choc initial et instruit le dossier, un client non assuré vient directement vers vous, souvent en bloquant le paiement de ce qui reste dû.
Le calendrier vous échappe. Sans préfinancement, la voie normale devient l'expertise judiciaire, avec des délais qui se comptent en années et une entreprise qui reste dans le dossier tout du long, y compris si elle n'est finalement pas responsable.
La preuve devient déterminante. Dans ce type de dossier, ce qui vous protège n'est pas votre bonne foi mais vos documents : devis détaillé, procès-verbal de réception daté, photos, comptes rendus. Le contenu attendu de ces pièces est détaillé dans nos guides du procès-verbal de réception de travaux et du compte rendu de chantier.
Une pratique utile, sans se transformer en courtier : mentionner dans le devis ou l'échange écrit que les travaux relèvent de la garantie décennale et que la souscription d'une dommages-ouvrage incombe au maître d'ouvrage. Vous n'avez aucune obligation de conseil en assurance, mais la trace écrite d'une information donnée pèse en cas de litige.
Dès qu'il cumule les deux casquettes, ce qui arrive plus souvent qu'on ne le croit :
Dans ces cas, l'absence de dommages-ouvrage se paie au moment de la vente : le notaire la mentionne, l'acquéreur en tient compte, et la responsabilité de vendeur reste attachée au bien.
Le sujet arrive presque toujours au mauvais moment, quand le client compare deux devis et cherche à comprendre pourquoi le vôtre est plus élevé. Quelques phrases simples règlent la discussion, et elles jouent en votre faveur.
Expliquez que votre décennale est votre assurance, obligatoire, incluse dans vos prix, et vérifiable : c'est un argument de sérieux face à un concurrent qui ne la mentionne pas sur son devis. Les mentions correspondantes doivent d'ailleurs figurer sur tous vos documents, comme rappelé dans le guide des mentions obligatoires d'un devis artisan.
Précisez que la dommages-ouvrage est la sienne, qu'elle sert à le faire indemniser vite, et qu'elle ne remplace pas la vôtre.
Renvoyez-le à son assureur ou à son courtier pour le chiffrage, sans avancer de fourchette. Le coût dépend du montant des travaux et de leur nature, et une estimation approximative donnée de bonne foi peut vous être reprochée plus tard.
Vos mentions d'assurance, vos taux de TVA et vos conditions de paiement sont enregistrés une fois dans Chantiq, puis imprimés automatiquement sur chaque devis et chaque facture. Le jour où un client conteste ou où un assureur demande le dossier, tout le chantier est au même endroit : devis, factures, photos, comptes rendus. Testez Chantiq.
La garantie décennale est l'assurance du constructeur : elle couvre la responsabilité de l'artisan pendant dix ans et n'intervient qu'une fois cette responsabilité établie. L'assurance dommages-ouvrage est celle du maître d'ouvrage, c'est-à-dire du client : elle finance la réparation rapidement, sans attendre qu'un tribunal désigne un responsable, puis se retourne contre l'assureur décennal du constructeur fautif.
C'est une assurance de chose, prévue par l'article L242-1 du code des assurances, que le maître d'ouvrage doit souscrire avant l'ouverture du chantier pour des travaux de construction. Elle préfinance la réparation des dommages de nature décennale pendant dix ans après la réception, indépendamment de la recherche de responsabilité.
Le maître d'ouvrage, autrement dit celui qui fait réaliser les travaux : le particulier qui fait construire, le promoteur, le syndic, la collectivité. L'artisan n'a pas à la souscrire, sauf s'il agit lui-même en maître d'ouvrage, par exemple lorsqu'il construit ou rénove un bien pour le revendre.
Oui pour des travaux de construction, en application de l'article L242-1 du code des assurances. Le particulier qui fait construire un logement pour l'habiter lui-même, ou pour un ascendant ou un descendant, échappe seulement à la sanction pénale prévue à l'article L243-3 : l'obligation d'assurance, elle, reste entière, et son absence se paie surtout à la revente.
Votre obligation ne change pas, mais votre exposition pratique augmente. Sans dommages-ouvrage, le client qui constate un désordre n'a pas d'autre voie que d'engager votre responsabilité directement, souvent par une expertise judiciaire longue, pendant laquelle votre entreprise est en première ligne au lieu d'être appelée en garantie après indemnisation.
Le client déclare le sinistre à son assureur dommages-ouvrage, qui dispose de 60 jours pour se prononcer sur la garantie et de 90 jours pour présenter une offre d'indemnité. Il indemnise, finance les travaux, puis exerce son recours subrogatoire contre l'assureur décennal du constructeur responsable. C'est à ce stade que votre assureur entre dans le dossier.
Oui, dès qu'il est lui-même maître d'ouvrage : achat-revente après travaux, construction d'un bien destiné à la vente, promotion à petite échelle. Dans ce cas, il cumule les deux qualités et doit souscrire la dommages-ouvrage en plus de sa propre décennale, faute de quoi la vente du bien devient difficile et sa responsabilité de vendeur reste engagée.
Décrivez votre chantier par texte, voix ou photo. L'IA fait le reste.