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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
Quel taux appliquer en 2026, comment le calculer, ce que vous pouvez réellement réclamer à un particulier et ce qui s'applique de plein droit à une entreprise. Avec l'indemnité de 40 € et les mentions à faire figurer sur vos documents.

Les pénalités de retard figurent en bas de la plupart des factures d'artisan, en petits caractères, et ne sont presque jamais appliquées. C'est dommage à deux titres : leur simple présence change le comportement de certains clients, et leur absence sur une facture adressée à une entreprise constitue un manquement sanctionnable. Encore faut-il savoir ce qu'on peut réclamer, et à qui.
Réponse rapide
À défaut de taux prévu dans vos conditions de vente, les pénalités de retard entre professionnels s'élèvent au taux de refinancement de la Banque centrale européenne majoré de 10 points, soit 12,40 % pour le second semestre 2026, avec un plancher contractuel fixé à trois fois le taux d'intérêt légal, soit 8,25 %. Elles courent de plein droit dès le lendemain de l'échéance, sans rappel, et s'accompagnent d'une indemnité forfaitaire de 40 € par facture. Face à un particulier, rien de tout cela ne s'applique automatiquement : le taux doit être annoncé sur le devis ou dans vos conditions générales.
Deux taux circulent, et ils sont régulièrement confondus.
Le taux par défaut, quand vos documents ne prévoient rien, est celui de la dernière opération de refinancement de la BCE majoré de 10 points. Le taux directeur ayant été relevé à 2,40 % à la mi-juin 2026, le taux applicable au second semestre 2026 ressort à 12,40 %. Au premier semestre 2026, il était de 12,15 %.
Le taux plancher, quand vous fixez vous-même un taux dans vos conditions de vente, ne peut pas descendre en dessous de trois fois le taux d'intérêt légal. Ce dernier étant de 2,75 % pour les créances professionnelles au second semestre 2026, le plancher s'établit à 8,25 %.
| Référence | Second semestre 2026 | Usage |
|---|---|---|
| Taux BCE + 10 points | 12,40 % | S'applique si vos documents ne prévoient rien |
| Plancher légal (3 × intérêt légal pro) | 8,25 % | Minimum si vous fixez votre propre taux |
| Taux d'intérêt légal, créance professionnelle | 2,75 % | Base du plancher |
| Taux d'intérêt légal, créance d'un particulier | 6,84 % | Intérêts dus par un consommateur après mise en demeure |
Ces taux sont révisés deux fois par an, au 1er janvier et au 1er juillet. Si vous inscrivez un taux fixe dans vos conditions de vente, relisez-le une fois par an pour vérifier qu'il reste au-dessus du plancher.
C'est le point que la plupart des guides généralistes, écrits pour des entreprises qui facturent d'autres entreprises, laissent de côté. Or un artisan travaille souvent chez des particuliers.
Face à un client professionnel, tout est automatique. Les pénalités courent dès le lendemain de la date d'échéance, sans qu'aucun rappel soit nécessaire. L'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement est due de plein droit, par facture impayée. Vous n'avez ni à la justifier, ni à prouver un préjudice.
Face à un client particulier, rien n'est automatique. Le Code de commerce ne régit pas cette relation. Deux conséquences :
À défaut de mention, il vous reste les intérêts au taux légal applicable aux créances d'un consommateur, soit 6,84 % au second semestre 2026, mais ils ne courent qu'à compter de la mise en demeure. Une raison de plus de ne pas sauter cette étape : le contenu et le modèle figurent dans notre guide sur la mise en demeure pour facture impayée.
Notre avis
La formule tient en une ligne :
Montant TTC impayé × taux annuel × (jours de retard / 365)
Sur une facture de 1 480 € TTC, au taux de 12,40 %, cela donne :
| Retard | Calcul | Pénalités | Avec l'indemnité de 40 € (client pro) |
|---|---|---|---|
| 15 jours | 1 480 × 0,124 × 15/365 | 7,54 € | 47,54 € |
| 45 jours | 1 480 × 0,124 × 45/365 | 22,63 € | 62,63 € |
| 90 jours | 1 480 × 0,124 × 90/365 | 45,25 € | 85,25 € |
Sur les montants courants d'un artisan, les pénalités elles-mêmes pèsent donc peu. Ce sont les 40 € forfaitaires qui font l'essentiel de la somme réclamée face à un client professionnel, et ils s'appliquent par facture, pas par client. Un donneur d'ordre qui vous doit six situations de chantier vous doit six fois 40 €.
Attention à la base de calcul : c'est le montant TTC et non le HT, et le décompte démarre le lendemain de la date d'échéance, pas le jour de l'émission de la facture.
Sur une facture adressée à un professionnel, deux mentions sont obligatoires : le taux des pénalités de retard applicable et l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. Leur absence n'est pas un détail de forme : elle expose à une sanction administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et deux millions d'euros pour une société, montants doublés en cas de récidive dans les deux ans.
Une formulation qui couvre les deux cas de figure :
Paiement à réception de facture, au plus tard le [date]. En cas de retard, application de pénalités au taux annuel de 12,40 %, calculées sur le montant TTC à compter du lendemain de la date d'échéance, sans qu'un rappel soit nécessaire. Pour les clients professionnels, une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement est due de plein droit, conformément au Code de commerce. Pas d'escompte pour paiement anticipé.
Reportez la même mention sur le devis, et pas seulement sur la facture. C'est le devis qui est signé, donc c'est lui qui rend la clause opposable à un particulier. Un taux annoncé pour la première fois sur la facture arrive après l'accord, et un client bien conseillé vous le fera remarquer.
La liste complète de ce qui doit apparaître sur vos documents figure dans nos guides sur les mentions obligatoires d'une facture d'artisan et les mentions obligatoires d'un devis.
Les pénalités n'ont de sens que si l'échéance est claire.
Chez un particulier, aucun délai légal ne s'impose : vous fixez librement, et l'usage dans le bâtiment va du paiement à réception à trente jours. Inscrivez une date, pas une durée. « Paiement à 30 jours » se compte à partir d'un point que le client situera à sa convenance ; « paiement au plus tard le 12 juin » ne se discute pas.
Chez un professionnel, le cadre est fixé : 30 jours après l'exécution de la prestation en l'absence de mention contraire, 60 jours maximum à compter de l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit. Un délai contractuel plus long est illicite, y compris si vous l'avez accepté par écrit.
Retour terrain
Deux notions portent presque le même nom et vont dans des directions opposées.
Les pénalités de retard de paiement, objet de cet article, sont dues par le client qui paie en retard.
Les pénalités de retard de chantier sont dues par l'entreprise qui livre au-delà de la date convenue. Elles ne s'appliquent que si une clause du devis ou du marché les prévoit, avec un montant journalier et une date de livraison contractuelle. Sur un marché privé, en l'absence de clause, un client ne peut pas les inventer après coup, même s'il peut engager votre responsabilité en cas de retard fautif et de préjudice démontré.
Le conseil pratique : si vous acceptez une clause de pénalités de chantier chez un donneur d'ordre, plafonnez-la, et prévoyez explicitement les causes de suspension du délai, intempéries, retard d'un autre lot, modification demandée en cours de chantier.
Rarement, mais il faut toujours les mentionner.
Sur une facture de 1 480 € réglée avec un mois de retard, réclamer 15 € de pénalités à un client particulier fidèle n'a aucun sens économique et un coût relationnel réel. Sur une entreprise qui vous fait systématiquement attendre deux mois et vous doit six situations, décompter six fois 40 € plus les intérêts change la conversation.
La règle utilisable au quotidien tient en trois points : la mention figure sur tous vos devis et toutes vos factures, vous la rappelez dans la deuxième relance sans encore l'appliquer, et vous ne la décomptez réellement que face à un retard installé ou un client de mauvaise foi. La séquence complète est détaillée dans notre guide sur la relance de facture impayée, et les textes prêts à copier dans nos modèles de lettre et de mail de relance.
Une précision sur les frais, souvent confondue avec les pénalités : hors indemnité de 40 € entre professionnels, ce que vous dépensez pour recouvrer une créance reste à votre charge tant qu'aucun titre exécutoire n'a été obtenu, et ne peut pas être refacturé à un particulier. La règle est expliquée dans notre article sur le recouvrement de créances.
Ces règles valent entre professionnels et avec les particuliers, dans le cadre du code de commerce et du contrat. Face à un acheteur public, le régime est différent : le délai est de trente jours, les intérêts moratoires courent de plein droit au taux de la BCE majoré de huit points, et une indemnité de quarante euros s'ajoute par facture. Le détail figure dans l'article sur le CCAP et le CCAG travaux.
Les conditions de paiement et la mention des pénalités sont enregistrées une fois dans les paramètres de votre entreprise, puis reportées automatiquement sur chaque devis et chaque facture. Vous ne risquez pas d'oublier la ligne sur le document qui part chez un professionnel, et le taux se met à jour au même endroit quand il évolue en janvier et en juillet.
Chaque facture porte sa date d'échéance et bascule en statut « en retard » une fois celle-ci dépassée, ce qui vous donne le nombre exact de jours à reporter dans votre calcul le jour où vous décidez de décompter des pénalités. Le passage du devis à la facture sans ressaisie est décrit dans la fiche facture depuis le devis.
Pour tester sur vos prochains chantiers : essai de 14 jours sans carte bancaire.
À défaut de taux fixé dans vos conditions de vente, le taux légal applicable entre professionnels est celui de la dernière opération de refinancement de la Banque centrale européenne majoré de 10 points, soit 12,40 % pour le second semestre 2026. Vous pouvez prévoir un autre taux dans vos documents, à condition qu'il ne descende pas sous le plancher de trois fois le taux d'intérêt légal, soit 8,25 % au second semestre 2026.
La formule est : montant TTC impayé × taux annuel × (nombre de jours de retard / 365). Pour une facture de 1 480 € réglée avec 45 jours de retard au taux de 12,40 %, cela donne 1 480 × 0,124 × 45/365, soit environ 22,63 €. S'y ajoute, entre professionnels uniquement, l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement.
Seulement si elles ont été annoncées. Les pénalités automatiques du Code de commerce ne régissent que les relations entre professionnels. Face à un consommateur, le taux et les conditions doivent figurer sur le devis signé ou dans vos conditions générales pour être opposables. À défaut, vous ne pouvez réclamer que les intérêts au taux légal, et seulement à compter de la mise en demeure.
Non. Cette indemnité pour frais de recouvrement, prévue par le Code de commerce, ne concerne que les créances entre professionnels. Elle est due de plein droit dès le premier jour de retard, par facture impayée, sans avoir à être réclamée ni justifiée.
Oui sur les factures adressées à un professionnel : le taux des pénalités et l'indemnité forfaitaire de 40 € font partie des mentions obligatoires, et leur absence expose à une sanction administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique. Sur une facture adressée à un particulier, la mention n'est pas imposée au même titre, mais sans elle vous ne pourrez rien réclamer.
Vous n'y êtes pas obligé, et beaucoup d'artisans y renoncent pour préserver la relation. Le bon usage est de les faire figurer systématiquement sur vos documents, ce qui vous donne le droit de les réclamer, puis de décider au cas par cas. Un client qui sait que la mention existe paie plus souvent à l'heure, même si vous ne l'appliquez jamais.
Non. Les pénalités de retard ont la nature d'une indemnité et ne constituent pas la contrepartie d'une prestation : elles sont hors champ de la TVA. Sur le plan comptable, elles ne se rattachent au résultat qu'au moment de leur encaissement effectif, ce qui évite d'être imposé sur des pénalités jamais perçues.
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