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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
Amiable ou judiciaire, en interne ou confié à une société spécialisée : le recouvrement obéit à des règles que la plupart des artisans découvrent trop tard, à commencer par celle qui décide qui paie les frais.

Le mot fait peur, et il recouvre en réalité deux choses très différentes : les relances que vous menez vous-même, et le moment où vous confiez le dossier à quelqu'un dont c'est le métier. Entre les deux, il y a une règle que peu d'artisans connaissent avant de l'avoir payée de leur poche.
Réponse rapide
Le recouvrement se déroule en deux temps : une phase amiable, où vous relancez, mettez en demeure et négociez éventuellement un échéancier, et une phase judiciaire, où une décision de justice vous donne un titre exécutoire permettant la saisie. Les frais de la phase amiable, y compris ceux d'une société de recouvrement, restent à la charge du créancier tant qu'aucun titre n'a été obtenu, et ne peuvent pas être refacturés à un client particulier.
La frontière n'est pas le ton employé, c'est l'existence d'un titre exécutoire.
Tant que vous n'en avez pas, tout ce que vous faites relève de l'amiable : le rappel à J+2, le coup de fil, le dernier avertissement, la mise en demeure en recommandé, l'échéancier négocié. Aucune de ces étapes ne vous donne le pouvoir de prendre l'argent où il se trouve. Elles servent à convaincre, et à construire le dossier qui servira ensuite.
Le judiciaire commence avec une décision : ordonnance d'injonction de payer, jugement, ordonnance de référé. C'est ce document, revêtu de la formule exécutoire, qui autorise un commissaire de justice à pratiquer une saisie sur un compte bancaire, sur un salaire ou sur un véhicule.
Cette distinction gouverne tout le reste, à commencer par la question des frais.
C'est la mauvaise surprise classique. Le Code des procédures civiles d'exécution pose que les frais de recouvrement engagés sans titre exécutoire restent à la charge du créancier, sauf lorsqu'ils concernent un acte que la loi impose au créancier d'accomplir.
Concrètement, pour un artisan :
L'exception à connaître concerne les clients professionnels : l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement est due de plein droit, par facture impayée, entre professionnels. Elle ne relève pas de la règle ci-dessus et ne s'applique jamais à un particulier. Le calcul et les mentions obligatoires qui l'accompagnent sont détaillés dans notre article sur les pénalités de retard sur facture.
Notre avis
Une part de l'efficacité de ces sociétés tient à l'effet produit par un courrier à en-tête inconnu. Il vaut mieux savoir ce qu'il y a derrière.
Ce qu'elle peut faire : relancer par courrier, téléphone et mail, rappeler les conséquences d'un défaut de paiement, négocier un échéancier, proposer un règlement partiel, transmettre le dossier à un commissaire de justice ou à un avocat.
Ce qu'elle ne peut pas faire : saisir un compte, bloquer un salaire, se présenter au domicile pour prendre un bien, inscrire le débiteur dans un fichier d'incidents de la Banque de France, ni menacer d'une mesure qu'elle n'est pas en droit d'engager. Un mandataire de recouvrement amiable n'a aucun pouvoir de contrainte.
Cette limite explique le taux de réussite variable de la délégation. Face à un client qui a simplement laissé traîner, le courrier suffit. Face à un client qui a compris que rien ne peut lui arriver tant qu'aucune décision de justice n'existe, il ne se passera rien.
Les frais dus aux sociétés de recouvrement ne sont encadrés par aucun tarif réglementé. Ils se négocient.
| Modèle de facturation | Fourchette observée | Ce que ça implique |
|---|---|---|
| Commission au succès | 10 à 25 % des sommes récupérées | Rien à avancer, mais la marge du chantier fond |
| Forfait par dossier | Quelques dizaines d'euros | Payé même si rien n'est récupéré |
| Abonnement mensuel | Selon le volume de dossiers | Ne se justifie qu'avec un flux régulier d'impayés |
Ces ordres de grandeur sont ceux constatés au moment de la rédaction, en juillet 2026, et varient fortement selon l'ancienneté de la créance et le montant en jeu.
Posez le calcul avant de signer le mandat. Sur une facture de 1 800 € confiée à 20 %, vous récupérez 1 440 € au mieux, sur un chantier dont la marge était peut-être de 400 €. La délégation reste intéressante quand l'alternative est de ne rien récupérer du tout, elle devient absurde quand un simple appel aurait suffi.
Elle se justifie surtout dans trois cas : la créance a plus de six mois et vous n'y croyez plus, le client est hors de votre zone d'intervention, ou vous accumulez assez de dossiers ouverts pour ne plus pouvoir les suivre entre deux chantiers. Ce dernier cas relève souvent d'abord d'un problème d'outil, traité dans notre comparatif des logiciels de relance client pour artisan.
Retour terrain
Une procédure de recouvrement qui fonctionne ressemble toujours à la même chose : des étapes courtes, écrites, et décidées à l'avance.
La séquence complète, avec les délais et le ton de chaque étape, est décrite dans notre guide sur la relance de facture impayée.
Un dossier de recouvrement se juge d'abord à sa date. Face à un particulier, vous avez deux ans pour agir, et ce délai court à compter de l'achèvement des travaux, pas de l'émission de la facture. Face à un professionnel, cinq ans.
La mise en demeure, contrairement à une idée répandue, n'interrompt pas ce délai. Seuls une action en justice, une reconnaissance de dette signée ou un acte d'exécution forcée le font repartir à zéro. Le sujet est développé dans notre article sur la prescription d'une facture impayée.
Le meilleur dossier de recouvrement est celui qui n'existe pas, et l'essentiel se joue avant le chantier plutôt qu'après. Un acompte encaissé à la signature élimine à lui seul la majorité des dossiers : quelqu'un qui a déjà versé 30 % ne disparaît presque jamais. Les pourcentages d'usage sont dans notre guide sur l'acompte sur devis, et le découpage d'un gros chantier en situations, qui évite d'avoir 20 000 € suspendus à une seule facture, dans celui sur la facture d'acompte.
Le reste tient à deux réflexes de document : une date d'échéance visible sur le devis comme sur la facture, sans quoi il n'y a même pas de retard opposable, et une facture émise le jour de la fin du chantier. L'ensemble des habitudes qui font disparaître les impayés d'un carnet d'artisan est détaillé dans notre guide sur la relance de facture impayée.
Chantiq suit l'échéance de chaque facture et bascule seul en statut « en retard » celles qui ont dépassé leur date de paiement. Vous voyez depuis la liste des factures ce qui est réglé, ce qui est en attente et ce qui traîne, sans tenir de tableau à côté.
Le devis, la facture et l'historique du chantier vivent dans le même projet. Le jour où un dossier part au recouvrement, vous sortez le devis accepté, sa date, les acomptes déjà versés et la facture émise en quelques secondes, ce qui change complètement la qualité de ce que vous transmettez. Le passage du devis à la facture sans ressaisie est décrit dans la fiche facture depuis le devis, et le suivi d'ensemble dans cycle de vie d'un projet.
Ce que Chantiq ne fait pas : le recouvrement judiciaire, l'affacturage et l'assurance-crédit. Pour ces sujets, le relais se prend auprès d'un commissaire de justice ou d'une plateforme spécialisée.
Pour tester sur vos prochains chantiers : essai de 14 jours sans carte bancaire.
Le recouvrement amiable se joue hors du tribunal : relances, appels, mise en demeure, négociation d'un échéancier. Le recouvrement judiciaire suppose une décision de justice qui vous donne un titre exécutoire, seul document permettant de faire pratiquer une saisie. On ne passe au second que lorsque le premier a échoué.
La rémunération se fait le plus souvent au pourcentage des sommes effectivement récupérées, dans une fourchette courante de 10 à 25 % selon l'ancienneté et le montant de la créance. Certaines facturent un forfait par dossier. Ces frais ne sont encadrés par aucun tarif réglementé, ils se négocient donc dossier par dossier.
Pas tant que vous n'avez pas de titre exécutoire. Les frais engagés sans titre restent à la charge du créancier, et il est interdit de les facturer à un débiteur particulier au stade amiable. Seule exception, l'indemnité forfaitaire de 40 € due entre professionnels, qui relève d'une autre logique.
Non. Une société de recouvrement amiable ne peut ni saisir, ni bloquer un compte, ni inscrire quelqu'un dans un fichier de la Banque de France. Elle relance, elle négocie, elle met la pression par courrier et par téléphone. Seul un commissaire de justice muni d'un titre exécutoire peut contraindre.
Sur des créances récentes et des montants courants d'artisan, le faire soi-même reste plus rentable : la relance interne coûte du temps, pas un pourcentage. La délégation prend son sens sur les créances anciennes, les clients hors zone, ou quand le nombre de dossiers ouverts dépasse ce que vous pouvez suivre entre deux chantiers.
Oui, mais les règles changent. Les pénalités de retard et l'indemnité de 40 € ne s'appliquent pas automatiquement, le délai pour agir n'est que de deux ans, et les frais de recouvrement amiable ne peuvent pas lui être refacturés. C'est le cas le plus fréquent chez l'artisan, et le moins bien traité par les prestataires généralistes.
Elle se constate comptablement en créance irrécouvrable, ce qui permet de récupérer la TVA collectée que vous avez avancée à l'État. Cette régularisation suppose de justifier le caractère définitif de la perte, avec les pièces du dossier de recouvrement. Faites valider la démarche par votre comptable.
Décrivez votre chantier par texte, voix ou photo. L'IA fait le reste.