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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
La structure exacte d'un devis Excel conforme, les formules de calcul pour la TVA par ligne, et le moment précis où le tableur commence à vous coûter plus qu'il ne vous fait gagner.

Presque tous les artisans commencent là. Un tableur, une trame recopiée d'un ancien devis, deux ou trois formules, et ça tourne. Excel a de vrais avantages pour chiffrer : il calcule, il s'adapte à n'importe quel métier, et il ne coûte rien de plus que la suite bureautique déjà installée.
Le problème n'apparaît jamais sur le premier devis. Il apparaît au trentième, quand le fichier a été dupliqué quinze fois, que deux devis portent le même numéro et qu'une ligne de TVA à 20 % s'est glissée dans un chantier de rénovation à 10 %. Voici la trame à reproduire, les formules qui tiennent la route, et les limites qu'il vaut mieux connaître avant de les découvrir en contrôle.
Réponse rapide
Un devis Excel est parfaitement légal : la loi encadre le contenu du devis, pas son support. La trame doit comporter vos coordonnées et votre SIRET, l'identité du client, l'adresse des travaux, une ligne par prestation avec quantité, unité, prix unitaire HT et taux de TVA, puis les totaux HT, TVA ventilée par taux et TTC. Les limites du tableur portent sur la numérotation, la ventilation de TVA et l'archivage.
Un devis se découpe en trois blocs : l'en-tête (qui fait quoi, pour qui, où), le corps chiffré (les lignes), le pied (les totaux et les mentions). Sur un tableur, chaque bloc a ses contraintes.
L'en-tête occupe les premières lignes de la feuille. Il porte votre raison sociale, votre forme juridique, votre adresse, votre SIRET, votre numéro de TVA intracommunautaire si vous y êtes assujetti, et les coordonnées de votre assurance décennale avec la zone géographique couverte. En face, le client : nom, adresse de facturation, et surtout l'adresse des travaux quand elle diffère. Le numéro du devis et sa date d'émission se placent ici, avec la date de validité.
Le corps est un tableau à colonnes fixes. Voici la structure qui fonctionne, colonne par colonne :
| Colonne | Contenu | Exemple |
|---|---|---|
| A | Numéro de ligne ou repère de lot | 1.1 |
| B | Désignation de la prestation | Dépose ancienne faïence murale |
| C | Unité | m² |
| D | Quantité | 18 |
| E | Prix unitaire HT | 14,00 € |
| F | Total HT de la ligne | 252,00 € |
| G | Taux de TVA | 10 % |
| H | Montant de TVA de la ligne | 25,20 € |
La colonne G est celle que la plupart des modèles gratuits oublient. Ils appliquent un taux unique en bas de document, ce qui ne correspond pas à la réalité d'un chantier de rénovation. Le détail des cas se trouve dans le guide des taux de TVA travaux 2026 : la pose relève souvent du taux réduit quand la fourniture d'un équipement neuf reste à 20 %, sur le même devis.
Le pied reprend le total HT, la ventilation de TVA par taux, le total TTC, les conditions de paiement, le délai d'intervention et la mention « devis gratuit et sans engagement ». La liste complète est détaillée dans l'article sur les mentions obligatoires d'un devis d'artisan.
C'est ici qu'un tableur prend l'avantage sur un document texte. Trois familles de formules suffisent, à condition de les poser proprement dès le départ.
Le total HT de chaque ligne multiplie la quantité par le prix unitaire, arrondi à deux décimales pour éviter les écarts de centimes qui s'accumulent :
F8 =ARRONDI(D8*E8;2)
Le montant de TVA de la ligne applique le taux de la colonne G. Attention au format : si vous saisissez 10 au lieu de 10 %, Excel calculera dix fois le montant. Saisissez le taux en pourcentage, ou en décimal (0,1) avec un format d'affichage en pourcentage.
H8 =ARRONDI(F8*G8;2)
La ventilation de TVA par taux est la formule qui manque dans presque tous les modèles gratuits. Elle additionne les bases HT correspondant à un taux donné, puis applique ce taux :
Base 5,5 % =ARRONDI(SOMME.SI($G$8:$G$40;0,055;$F$8:$F$40);2)
TVA 5,5 % =ARRONDI(SOMME.SI($G$8:$G$40;0,055;$F$8:$F$40)*0,055;2)
Base 10 % =ARRONDI(SOMME.SI($G$8:$G$40;0,1;$F$8:$F$40);2)
TVA 10 % =ARRONDI(SOMME.SI($G$8:$G$40;0,1;$F$8:$F$40)*0,1;2)
Base 20 % =ARRONDI(SOMME.SI($G$8:$G$40;0,2;$F$8:$F$40);2)
TVA 20 % =ARRONDI(SOMME.SI($G$8:$G$40;0,2;$F$8:$F$40)*0,2;2)
Les dollars figent la plage quand vous recopiez la formule vers le bas. Sans eux, la plage se décale d'une ligne à chaque copie et les totaux deviennent faux sans prévenir.
Les totaux généraux se déduisent des précédents :
Total HT =ARRONDI(SOMME(F8:F40);2)
Total TVA =ARRONDI(SOMME(H8:H40);2)
Total TTC =Total_HT+Total_TVA
Un dernier réglage vaut le détour : verrouiller les cellules de formule. Sélectionnez les cellules à saisir, décochez « Verrouillée » dans le format de cellule, puis protégez la feuille. Les colonnes de calcul deviennent inaccessibles au clic malheureux, ce qui règle la première cause de devis faux : une formule écrasée par une valeur tapée à la main.
Le devis n'est pas soumis à la numérotation chronologique continue qu'impose la facture. Vous êtes libre de votre système. La contrainte est pratique : deux devis ne doivent pas porter le même numéro, sinon vous ne saurez plus quel document votre client a signé.
Or le mode de travail sur tableur pousse mécaniquement au doublon. On ouvre le dernier devis, on l'enregistre sous un nouveau nom, on remplace les lignes, on oublie le numéro dans l'en-tête. Ce n'est pas de la négligence, c'est la conséquence du copier-coller comme méthode de création.
Le garde-fou tient en un onglet supplémentaire dans le classeur, tenu comme un registre :
| Numéro | Date | Client | Chantier | Montant TTC | Statut |
|---|---|---|---|---|---|
| DEV-2026-041 | 12/07/2026 | M. Roux | SdB Villeurbanne | 4 320,00 € | Signé |
| DEV-2026-042 | 18/07/2026 | Mme Prat | Peinture séjour | 1 180,00 € | En attente |
La règle qui va avec : on ne crée jamais un devis sans avoir d'abord ajouté sa ligne au registre. Le numéro se lit dans le registre, pas dans le fichier qu'on vient de dupliquer. Ce même onglet sert ensuite à relancer, ce que le fichier de devis seul ne permet pas.
Excel calcule bien. Il ne vérifie rien. Cinq angles morts en découlent, et chacun finit par coûter quelque chose.
Le premier concerne les mentions obligatoires, que personne ne contrôle. Si vous supprimez par inadvertance la ligne de votre assurance décennale en nettoyant une trame, aucune alerte ne se déclenche. Le devis part, incomplet, et le manquement ne se voit qu'en cas de litige ou de contrôle.
Le taux de TVA, ensuite, reste un choix entièrement manuel. La colonne G accepte n'importe quelle valeur. Un 20 % saisi sur une prestation de rénovation éligible au taux réduit passera sans broncher, et le rattrapage se fait à vos frais. La règle de fond est expliquée dans notre aide sur les 3 taux de TVA. La mention de TVA réduite que le client doit certifier échappe elle aussi complètement au tableur, et elle a remplacé l'ancien Cerfa 1301-SD que beaucoup de modèles Excel font encore signer.
Vient le suivi commercial, qui n'existe tout simplement pas. Un devis envoyé et jamais relancé est un devis perdu, et le fichier ne sait pas qu'un document est parti il y a douze jours sans réponse. Le sujet est développé dans le guide sur la relance d'un devis et d'une facture.
La signature, elle, reste à organiser à la main : imprimer, faire signer, scanner, classer. La valeur du « bon pour accord » et les formes que peut prendre l'acceptation d'un devis méritent d'être connues avant de bricoler une case à cocher dans une cellule.
Reste le passage à la facture, qui coûte le plus de temps. Le devis signé devient une facture, souvent un acompte puis un solde, et tout est retapé à chaque étape. Chaque ressaisie est une occasion d'erreur sur un montant ou un taux. Le guide sur la facture d'acompte illustre bien le problème : le calcul du pourcentage et la reprise du solde en fin de chantier se font entièrement à la main.
Notre avis
Une confusion revient souvent, alimentée par des articles qui mélangent les deux documents. La réforme de la facturation électronique ne concerne pas les devis. Un devis reste libre de format : papier, PDF, tableur, peu importe.
Ce qui change concerne la facture. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent être en mesure de recevoir une facture électronique. À partir du 1er septembre 2027, les TPE, micro-entreprises et indépendants devront aussi les émettre, via une plateforme agréée et dans un format structuré. Le calendrier complet est détaillé dans le guide des échéances 2026-2027.
Concrètement, une facture produite sous Excel puis exportée en PDF ne répondra plus à l'obligation, parce qu'un PDF classique n'embarque pas les données structurées attendues. Le format cible est expliqué dans l'article sur Factur-X. Si votre classeur sert aussi à établir vos factures, c'est cette moitié du fichier qui a une date de péremption, pas la partie devis.
La réponse dépend moins du volume que de la nature des chantiers.
| Situation | Le tableur tient | Le tableur coince |
|---|---|---|
| Devis au forfait, une à trois lignes | Oui | |
| Un seul taux de TVA sur le document | Oui | |
| Chantier de rénovation multi-taux | Ventilation à surveiller à chaque devis | |
| Plus de dix devis par mois | Le registre devient un travail à part entière | |
| Acomptes et situations de travaux | Ressaisie complète à chaque étape | |
| Émission de factures après sept. 2027 | Format non conforme | |
| Chiffrage depuis le chantier, sur téléphone | Édition d'un tableur sur mobile |
Un artisan qui coche les deux premières lignes n'a aucune raison de changer d'outil. Celui qui coche trois des cinq suivantes paie déjà son tableur en heures, simplement la dépense ne figure sur aucune facture.
L'étape suivante ne consiste pas à retrouver les mêmes cases dans une autre interface. Sur Chantiq, vous décrivez le chantier en langage courant, à l'écrit, à la voix ou par WhatsApp, et les lignes de devis sont proposées avec leurs unités, leurs quantités et leur taux de TVA. Vous corrigez ce qui doit l'être, les mentions obligatoires sont déjà en place, et la facture se génère ensuite depuis le devis signé sans ressaisie.
Pour comparer les familles d'outils avant de choisir, le comparatif des logiciels de devis-facture pour artisans passe en revue les solutions du marché. Et si vous cherchez d'abord une trame prête à remplir, nos modèles de devis BTP par métier sont disponibles gratuitement.
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Oui. Aucun texte n'impose de format ni de logiciel pour établir un devis : ce que la loi encadre, c'est son contenu. Un devis Excel imprimé ou exporté en PDF a exactement la même valeur qu'un devis sorti d'un logiciel, à condition de porter toutes les mentions obligatoires et d'être daté. Seule compte la rigueur avec laquelle il est rempli.
Pour un total HT de ligne : =ARRONDI(quantité*prix_unitaire;2). Pour la TVA de la ligne : =ARRONDI(total_HT_ligne*taux;2) avec le taux saisi en pourcentage (10 % s'écrit 0,1). Pour ventiler la TVA par taux en bas de devis, utilisez SOMME.SI sur la colonne des taux, par exemple =ARRONDI(SOMME.SI($G$8:$G$40;0,1;$F$8:$F$40)*0,1;2) pour l'assiette à 10 %.
Les modèles gratuits circulent largement, mais la plupart sont des trames commerciales génériques auxquelles il manque les mentions propres au bâtiment : assurance décennale, TVA par ligne, durée de validité, mention du caractère gratuit du devis. La trame reproduite dans cet article couvre ces points. Des modèles de devis BTP par métier, déjà remplis, sont également disponibles gratuitement sur notre page dédiée.
Le risque vient de la duplication de fichier : on part du devis précédent, on modifie les lignes et on oublie le numéro. Deux garde-fous : tenir un onglet « registre » avec une ligne par devis émis (numéro, date, client, montant), et ne jamais rédiger un devis autrement qu'en repartant de ce registre. C'est artisanal, mais cela évite la mauvaise surprise du même numéro envoyé deux fois.
Excel dès qu'il y a plusieurs lignes à chiffrer, parce qu'il calcule. Word convient à un devis au forfait, en une ou deux lignes, où la mise en page prime sur le calcul. Sur un chantier de rénovation avec des quantités, des unités et plusieurs taux de TVA, Word oblige à tout calculer à la main, et c'est là que les erreurs arrivent.
Non, pas directement. La réforme porte sur les factures entre entreprises, pas sur les devis, qui restent libres de format. En revanche la facture qui suivra le devis, elle, devra transiter par une plateforme agréée. Si votre devis et votre facture vivent dans le même fichier Excel, c'est la partie facture qui posera problème à l'échéance.
Le point de bascule tient moins au nombre de devis qu'à leur complexité. Un artisan qui sort trois devis au forfait par mois tient des années sur un tableur. Celui qui chiffre des rénovations mélangeant 5,5 %, 10 % et 20 %, avec des relances à suivre et des acomptes à facturer, passe plus de temps à maintenir son fichier qu'à chiffrer.
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