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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
C'est le recours le plus utilisé quand un client ne paie pas et ne répond plus. Requête, pièces à fournir, tribunal compétent, coût réel et le piège du délai de signification qui a changé au 1er septembre 2026.

Quand un client a cessé de répondre aux relances et n'a pas réagi à la mise en demeure, il ne reste pas trente-six solutions. L'injonction de payer est celle que la plupart des artisans finissent par utiliser, parce qu'elle ne demande ni avocat, ni audience, ni présence du client. Elle a aussi ses pièges, et l'un d'eux a changé récemment.
Réponse rapide
L'injonction de payer permet d'obtenir un titre exécutoire sans audience : vous déposez une requête au tribunal avec vos pièces, le juge statue sur dossier, et son ordonnance doit ensuite être signifiée au client par un commissaire de justice. Depuis les ordonnances rendues au 1er septembre 2026, cette signification doit intervenir dans les trois mois sous peine de caducité. Le client dispose d'un mois après signification pour faire opposition.
Avant de déposer quoi que ce soit, votre créance doit cocher trois cases, et un dossier qui en rate une se fait rejeter.
La créance doit être certaine, c'est-à-dire non contestée dans son principe. Un devis signé, un chantier livré et une facture conforme suffisent. Si le client a écrit noir sur blanc qu'il refuse de payer parce que les travaux sont mal faits, la créance est contestée et la procédure se retournera contre vous sous forme d'opposition.
Elle doit être liquide, donc chiffrée. Une facture claire répond à cette exigence, un « solde à discuter » non.
Elle doit être exigible, c'est-à-dire que la date d'échéance est passée. C'est là que l'absence de date de paiement sur la facture pose problème : sans échéance écrite, vous devez démontrer que le paiement était dû, ce qui n'est jamais confortable.
En pratique, on y vient après la mise en demeure restée sans effet. La séquence complète, des premières relances à ce stade, est décrite dans notre guide sur la relance de facture impayée.
La juridiction dépend de la nature de votre client, pas de la vôtre.
| Votre client | Tribunal compétent | Lieu |
|---|---|---|
| Un particulier | Tribunal judiciaire | Domicile du client |
| Une entreprise commerçante | Tribunal de commerce | Siège du client, sauf clause contraire |
| Un professionnel non commerçant (profession libérale, association) | Tribunal judiciaire | Domicile ou siège du client |
Pour un artisan qui travaille surtout chez des particuliers, la réponse est presque toujours le tribunal judiciaire du domicile du client. Se tromper de juridiction n'est pas rattrapable en cours de route : la requête est rejetée et vous recommencez ailleurs, avec le temps perdu.
Depuis la réforme de 2026, la requête peut être déposée en ligne, ce qui évite le déplacement au greffe. Vérifiez les modalités en vigueur au moment où vous déposez, le portail et les formulaires ayant été remaniés.
C'est le point qui décide de l'issue, et celui que les artisans négligent le plus. Le juge ne vous verra pas et ne vous appellera pas. Il n'aura que votre dossier.
Les échanges par SMS et WhatsApp comptent aussi. Une capture d'écran où le client reconnaît devoir la somme ou promet un virement pèse lourd, parce qu'elle vaut reconnaissance de dette au moins partielle.
Notre avis
Le dépôt lui-même est peu coûteux. Ce sont les étapes suivantes qui pèsent.
| Étape | Qui la fait | Coût pour vous |
|---|---|---|
| Dépôt de la requête | Vous, en ligne ou au greffe | Gratuit au tribunal judiciaire, frais de greffe au tribunal de commerce |
| Rédaction par un tiers | Avocat, commissaire de justice, mandataire | Honoraires libres, à votre charge |
| Signification de l'ordonnance | Commissaire de justice, obligatoire | Tarif réglementé, avancé par vous |
| Exécution forcée après titre | Commissaire de justice | Selon les mesures engagées |
Les frais de procédure sont en principe supportés par le débiteur, mais vous les avancez et vous ne les récupérez que s'il y a de quoi les récupérer. C'est le calcul à faire avant de partir : sur une créance de 600 € face à un client visiblement insolvable, la procédure coûte plus qu'elle ne rapporte. Sur une créance de 4 000 € face à un propriétaire qui habite le pavillon où vous avez travaillé, elle se justifie.
Les frais engagés en amont auprès d'une société de recouvrement obéissent, eux, à une autre règle : ils restent à votre charge tant qu'aucun titre exécutoire n'a été obtenu. Ce point est développé dans notre article sur le recouvrement de créances pour artisan.
C'est ici que se joue l'erreur la plus coûteuse, et elle est récente.
Le juge rend son ordonnance sur dossier, sans convoquer le client. Vous devez ensuite la faire signifier par un commissaire de justice. Le décret n° 2026-96 du 16 février 2026, publié au Journal officiel le 17 février, a ramené le délai de signification de six mois à trois mois, pour les ordonnances rendues à partir du 1er septembre 2026. Passé ce délai, l'ordonnance est caduque : elle ne vaut plus rien et il faut reprendre la procédure depuis le début.
Trois mois passent vite quand on est sur les chantiers. Le réflexe à prendre est de contacter le commissaire de justice dès réception de l'ordonnance, pas quand on y repense.
À partir de la signification, le client dispose d'un mois pour faire opposition. Deux issues :
Retour terrain
L'injonction n'est pas toujours la bonne porte, et le choix se fait surtout sur deux critères : le montant en jeu et le fait que le client conteste ou non.
| Recours | Situation type | Accord du client nécessaire | Résultat |
|---|---|---|---|
| Procédure simplifiée des petites créances | Moins de 5 000 €, client particulier | Oui, c'est sa limite | Titre exécutoire si accord |
| Injonction de payer | Créance non contestée, tout montant | Non | Titre exécutoire, sauf opposition |
| Référé provision | Créance non sérieusement contestable, montant significatif | Non, mais audience | Provision rapidement exécutoire |
La procédure simplifiée, menée par un commissaire de justice, est plus rapide et moins formelle, mais elle repose sur la participation volontaire du débiteur : un client de mauvaise foi n'a qu'à ne pas répondre. Elle exclut par ailleurs les créances facturées entre commerçants, ce qu'il vaut mieux faire vérifier avant d'engager les frais.
Le référé provision suppose une audience et donc, en pratique, un avocat. Il devient intéressant sur les montants élevés où la dette est incontestable et où vous voulez aller vite.
Beaucoup de dossiers sont perdus avant d'être montés, faute d'avoir regardé une date.
Face à un client particulier, vous disposez de deux ans. Face à un client professionnel, de cinq ans. Et pour les travaux réalisés chez un particulier, ce délai de deux ans court à compter de l'achèvement des travaux, pas de l'émission de la facture. Une facture sortie avec dix-huit mois de retard ne rouvre pas le compteur.
Autre point mal connu : la mise en demeure n'interrompt pas la prescription. Elle fait courir les intérêts, rien de plus. Le sujet est traité en détail dans notre article sur les délais de prescription d'une facture impayée.
Une injonction de payer se gagne avec des pièces, et ces pièces s'accumulent pendant le chantier, pas au moment du litige.
Dans Chantiq, le devis, la facture et l'historique du projet vivent au même endroit. Quand vous montez un dossier, vous retrouvez le devis accepté, sa date, les acomptes déjà versés et la facture émise sans avoir à fouiller trois boîtes mail. Le passage du devis à la facture sans ressaisie est décrit dans la fiche facture depuis le devis, et le suivi d'ensemble dans cycle de vie d'un projet.
Le statut « en retard » se déclenche seul dès qu'une échéance est dépassée, ce qui évite de découvrir un impayé trois mois trop tard, au moment où le délai de prescription commence à devenir un sujet. Les différentes approches de la relance, du module intégré à l'outil dédié, sont comparées dans notre article sur les logiciels de relance client.
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Vous déposez une requête auprès du tribunal compétent avec les pièces qui prouvent la créance : devis signé, facture, procès-verbal de réception, relances écrites et mise en demeure. Le juge statue sur dossier, sans convoquer personne. S'il vous donne raison, il rend une ordonnance que vous devez faire signifier au client par un commissaire de justice.
Le tribunal judiciaire du lieu où demeure le débiteur lorsque votre client est un particulier. Le tribunal de commerce lorsque la créance est née entre deux professionnels commerçants. Une erreur de juridiction fait rejeter la requête, donc ce point se vérifie avant de déposer.
Le dépôt de la requête est gratuit devant le tribunal judiciaire, et des frais de greffe de quelques dizaines d'euros s'appliquent devant le tribunal de commerce. Le vrai coût est la signification de l'ordonnance par commissaire de justice, puis l'exécution si le client ne paie toujours pas. Ces frais sont en principe mis à la charge du débiteur, mais vous les avancez.
Non. La procédure est conçue pour être menée seul, et la requête peut être déposée en ligne. Un avocat ou un commissaire de justice peut la rédiger pour vous, mais leurs honoraires restent à votre charge et ne se justifient que sur des montants importants ou des dossiers contestés.
Trois mois à compter de la date de l'ordonnance, pour les ordonnances rendues à partir du 1er septembre 2026. Le délai était de six mois auparavant. Passé ce délai, l'ordonnance devient caduque et toute la procédure est à refaire.
L'affaire bascule en procédure classique devant le même tribunal, avec une audience où chacun s'explique. Le client dispose d'un mois à compter de la signification pour faire opposition. C'est le scénario à anticiper quand la créance est réellement contestée sur la qualité des travaux.
Vous obtiendrez un titre exécutoire, mais il ne créera pas d'argent là où il n'y en a pas. Avant d'engager les frais, cherchez des signes de solvabilité : bien immobilier, activité en cours, salaire saisissable. Sur un débiteur sans ressources, le titre garde une valeur pendant dix ans et pourra servir plus tard.
Décrivez votre chantier par texte, voix ou photo. L'IA fait le reste.