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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
Le carnet autocopiant reste l'outil de facturation le plus utilisé par les artisans et les auto-entrepreneurs. Voici comment le tenir correctement, et l'échéance qui va le rendre inutilisable.

Il coûte huit euros chez n'importe quel fournisseur de bureau, il tient dans la boîte à outils, il fonctionne sans réseau et sans batterie. Le facturier papier reste, en 2026, l'outil de facturation le plus répandu chez les artisans qui démarrent et chez une bonne partie des auto-entrepreneurs du bâtiment. Il n'y a rien de honteux à ça, et rien d'illégal non plus.
Il y a en revanche une série de règles que le carnet ne rappelle pas, et une échéance datée qui va le rendre inutilisable sur une partie de votre activité. Voici ce qu'il faut savoir avant d'en racheter un.
Réponse rapide
Un facturier, ou carnet à souche, est un carnet de factures autocopiantes : l'original part au client, la souche reste comme justificatif. Il est parfaitement légal, à condition de porter toutes les mentions obligatoires, une numérotation chronologique continue et, en franchise en base, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Il se conserve dix ans et ne répondra pas à l'obligation d'émission électronique de 2027 entre professionnels.
Les trois mots désignent le même objet. Un carnet dont chaque page est en deux ou trois exemplaires autocopiants : vous écrivez une fois, le texte se reporte sur la ou les copies.
Les formats courants vont du A6 au A4. Le A5 est le compromis le plus fréquent : assez large pour trois ou quatre lignes de prestation, assez compact pour le camion. Les carnets personnalisés, avec votre logo et vos coordonnées préimprimés, coûtent nettement plus cher mais évitent de réécrire vos mentions d'entreprise à chaque facture, ce qui est précisément là où les oublis se produisent.
Un point de vocabulaire qui prête à confusion : le mot facturier désigne aussi, dans les grandes entreprises, la personne chargée d'établir les factures. Rien à voir avec le carnet.
Oui. Aucun texte n'impose de format, de support ni de logiciel pour établir une facture. Ce que la loi encadre, c'est son contenu.
La conséquence est simple à retenir : une facture manuscrite qui porte toutes les mentions obligatoires a exactement la même valeur qu'une facture sortie d'un logiciel. Une facture imprimée qui en oublie une n'en a aucune de plus.
La liste complète des mentions à porter est détaillée dans l'article sur les mentions obligatoires d'une facture d'artisan. Pour un carnet, quatre d'entre elles sont systématiquement les oubliées :
L'identification complète de l'entreprise, avec le numéro SIREN et la mention RCS suivie de la ville du greffe, exigée sur tout document d'affaires par l'article R.123-237 du code de commerce. Sur un carnet non personnalisé, cela fait cinq lignes à réécrire à chaque fois, et c'est la première chose qu'on abrège.
Le taux de TVA par ligne quand plusieurs taux se croisent, ce qui est le cas courant en rénovation. Les carnets du commerce proposent une colonne TVA unique, dimensionnée pour un commerce de détail, pas pour un chantier qui mélange 10 % de pose et 20 % de fourniture. Les cas sont détaillés dans le guide des taux de TVA travaux 2026.
Les pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, obligatoires entre professionnels. Le calcul et la formulation exacte sont dans l'article sur les pénalités de retard.
L'assurance décennale avec le nom de l'assureur et la couverture géographique, sur les factures de travaux de bâtiment.
C'est la règle la plus formelle, et celle qui se voit immédiatement en contrôle. L'article 242 nonies A de l'annexe II du code général des impôts impose un numéro unique fondé sur une séquence chronologique et continue, sans rupture.
Le carnet a un avantage réel ici : les feuillets sont préimprimés et numérotés dans l'ordre, ce qui rend le trou de numérotation difficile. C'est même son meilleur argument face à un fichier Excel dupliqué quinze fois, où deux factures finissent par porter le même numéro.
Trois situations créent malgré tout des ruptures, et méritent d'être anticipées :
Le feuillet abîmé ou raté. On l'arrache, et le numéro disparaît de la séquence. La bonne pratique est de barrer le feuillet, d'y porter la mention « annulé », et de le laisser dans le carnet.
Les deux carnets menés en parallèle, un dans le camion et un au bureau. Les séquences se croisent et deviennent illisibles. Si vous tenez vraiment à séparer, l'article 242 nonies A autorise des séries distinctes quand les conditions d'exercice le justifient, à condition de les identifier par un préfixe clair et de les tenir séparément du début à la fin.
Le passage du carnet au logiciel en cours d'année. La séquence doit se poursuivre, pas repartir de 1. En pratique, on démarre le logiciel sur le numéro suivant celui de la dernière facture du carnet.
| Zone du feuillet | Ce qu'on y porte | L'erreur fréquente |
|---|---|---|
| En-tête entreprise | Raison sociale, adresse, SIREN, RCS et ville, TVA intracommunautaire si assujetti | Abréger, ou ne mettre que le nom et le téléphone |
| Numéro et date | Numéro préimprimé, date d'émission | Antidater pour rattraper un oubli |
| Client | Nom, adresse de facturation, adresse du chantier si différente | Ne noter que le prénom du client |
| Lignes | Désignation, quantité, unité, prix unitaire HT | Un forfait global sans détail |
| TVA | Taux par ligne, base et montant par taux | Un taux unique appliqué en bas |
| Totaux | Total HT, TVA, total TTC | Le calcul de tête, faux d'un centime |
| Paiement | Date d'échéance, mode de règlement, pénalités et indemnité de 40 € | L'échéance absente, qui rend la relance fragile |
| Mentions | Franchise en base, décennale, escompte | La mention 293 B oubliée |
Une habitude change tout sur le remplissage manuscrit : calculer avant d'écrire. Le total griffonné puis raturé est le premier signe qui attire l'attention en contrôle, et il fragilise le document face à un client de mauvaise foi.
Autre point de méthode : la souche doit rester strictement identique à l'original remis au client. Ajouter une note au crayon sur la copie après coup, pour se souvenir d'un détail, crée un écart entre les deux exemplaires. C'est exactement le genre de détail qui se retourne contre vous.
Non. Une facture ne se corrige ni à la rature, ni au correcteur, ni par réécriture du feuillet.
La facture n'a pas quitté le carnet. Portez la mention « annulé » sur l'original et sur la souche, laissez le feuillet en place, passez au suivant. La séquence reste intacte et le contrôle voit ce qui s'est passé.
La facture est déjà chez le client. Elle ne s'annule plus unilatéralement. La correction passe par une facture rectificative ou par un avoir, selon la nature de l'erreur. Les deux mécanismes et le choix entre eux sont expliqués dans les articles sur la facture rectificative et la facture d'avoir.
Le cas du client qui a perdu sa facture et en réclame une nouvelle relève d'une troisième logique, celle du duplicata : on ne réémet pas, on marque une copie comme telle.
C'est le point qui concerne le plus les auto-entrepreneurs, et celui où les carnets du commerce induisent en erreur.
En franchise en base, vous ne facturez pas de TVA. Deux conséquences sur le feuillet : la colonne TVA reste vide, sans écrire zéro ni barrer, et la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » doit figurer sur la facture. Un tampon règle la question une fois pour toutes et évite l'oubli.
Le jour où vous franchissez le seuil de franchise, tout change en cours d'année : la TVA devient facturable, les taux de travaux entrent en jeu, et le carnet A5 devient rapidement trop étroit pour porter une ventilation par taux. Les seuils applicables et le mécanisme de franchissement sont détaillés dans l'article sur le devis auto-entrepreneur BTP, et la méthode complète de facturation dans comment faire une facture auto-entrepreneur BTP.
Une obligation propre au régime, souvent découverte trop tard : le livre des recettes doit être tenu en parallèle, avec le détail chronologique des encaissements. Le carnet à souche ne le remplace pas, même s'il en contient toutes les données.
Dix ans à compter de la clôture de l'exercice, en application de l'article L.123-22 du code de commerce, comme toute pièce justificative comptable.
Le carnet a ici un avantage que peu d'outils numériques offrent spontanément : l'archive existe par construction, puisque la souche reste attachée. Le risque n'est pas la perte de données, c'est la perte physique du carnet, et la disparition progressive de l'encre thermique sur les feuillets autocopiants exposés à la chaleur. Un carnet oublié six mois sur le tableau de bord d'un utilitaire en plein soleil devient partiellement illisible.
La parade est peu élégante mais efficace : photographier les souches à la fin de chaque carnet, et stocker les images ailleurs que dans le camion.
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent être en mesure de recevoir une facture électronique. Cette première étape ne touche pas à votre façon de facturer.
À partir du 1er septembre 2027, les micro-entreprises, TPE et PME devront émettre leurs factures au format électronique via une plateforme agréée, pour leurs échanges avec d'autres entreprises. Le calendrier complet figure dans le guide des échéances 2026-2027.
Ce que cela implique pour un carnet est sans ambiguïté : un feuillet manuscrit ne peut ni porter un format structuré lisible par une machine, ni transiter par une plateforme. Le format attendu, qui combine un PDF lisible et des données XML, est présenté dans l'article sur Factur-X.
Une nuance compte pour les artisans qui travaillent surtout chez des particuliers : l'obligation d'émission électronique vise les échanges entre entreprises. Les ventes aux particuliers relèvent d'une obligation distincte, le e-reporting, qui suppose elle aussi de transmettre des données. L'idée qu'un artisan facturant uniquement des particuliers ne serait concerné par rien est fausse.
Le nombre de factures compte assez peu. Ce qui décide, c'est ce qui gravite autour.
Tant que vous facturez quelques chantiers par mois, tous à des particuliers, au forfait, avec un seul taux de TVA et sans relance à suivre, le carnet tient. Il devient coûteux dès que trois choses apparaissent en même temps : plusieurs taux de TVA sur un même chantier, des acomptes puis des soldes à suivre, et des impayés à relancer. À ce stade, le temps passé à retrouver qui a payé quoi dépasse largement le prix d'un outil.
Sur Chantiq, la facture se construit à partir du devis signé, avec les mêmes lignes, les mêmes taux et une numérotation qui s'incrémente sans intervention, comme détaillé dans l'aide sur la facture depuis le devis. Le passage par une plateforme agréée à l'échéance de 2027 est pris en charge, ce qu'aucun carnet ne pourra faire.
Si vous préférez une étape intermédiaire, le tableur reste une option, avec ses propres limites détaillées dans facture sur Excel et modèle de facture Word.
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C'est un carnet de factures préimprimé à feuillets autocopiants, aussi appelé manifold ou carnet à souche. Chaque facture s'écrit une fois : l'original part au client, la copie reste attachée au carnet et sert de justificatif comptable. Les modèles courants existent en dupli, avec une copie, ou en tripli, avec deux copies.
Oui, aujourd'hui. Aucun texte n'impose de format ni de logiciel pour établir une facture : ce qui est encadré, c'est son contenu. Un carnet à souche correctement rempli est parfaitement valable. Cela changera pour les échanges entre professionnels à l'échéance de la facturation électronique.
Par une séquence chronologique et continue, sans trou, en application de l'article 242 nonies A de l'annexe II du code général des impôts. Les carnets préimprimés portent déjà un numéro par feuillet, ce qui règle la question, à condition de les utiliser dans l'ordre et de ne jamais sauter un feuillet abîmé sans en garder la trace.
On ne rature pas et on ne corrige pas au blanc correcteur. Le feuillet est annulé, avec la mention « annulé » portée sur l'original et sur la souche, et les deux sont conservés. Si la facture est déjà partie au client, elle se corrige par une facture rectificative ou un avoir, pas par une réécriture.
Oui, si vous êtes en franchise en base. La mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » doit figurer sur chaque facture, et aucun montant de TVA ne doit apparaître. Beaucoup de carnets vendus dans le commerce comportent une colonne TVA préimprimée : elle se laisse vide, et la mention se porte à la main ou au tampon.
Dix ans à compter de la clôture de l'exercice, en application de l'article L.123-22 du code de commerce. Le carnet lui-même fait office d'archive puisque la souche reste attachée, ce qui est son principal avantage sur un fichier informatique mal sauvegardé.
Pour les factures adressées à des particuliers, oui, sous réserve de l'obligation de transmission de données. Pour les factures adressées à d'autres entreprises, non : à partir du 1er septembre 2027, les micro-entreprises et PME devront émettre leurs factures au format électronique via une plateforme agréée. Un carnet papier ne permet pas de répondre à cette obligation.
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