Le blog Chantiq
Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
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Le blog Chantiq
Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
Le déboursé sec, c'est ce que coûte un ouvrage avant le moindre euro de frais généraux ou de marge. La formule, un exemple ligne par ligne sur une pose de carrelage, et le passage au prix de vente avec le coefficient.

Deux artisans peuvent annoncer le même prix au m² et ne pas gagner la même chose. L'un sait ce que lui coûte le mètre carré avant de le vendre, l'autre a recopié le prix d'un concurrent ou d'une grille trouvée en ligne. La différence s'appelle le déboursé sec, et c'est le seul calcul qui permet de savoir si un devis gagne de l'argent avant même de l'envoyer.
Voici la formule, un exemple complet sur une pose de carrelage, et le passage au prix de vente avec le coefficient.
Réponse rapide
Le déboursé sec est le coût direct d'un ouvrage : main-d'œuvre (heures × coût horaire chargé) + matériaux (pertes comprises, au prix d'achat net HT) + matériel. On y ajoute les frais de chantier et les frais généraux pour obtenir le prix de revient, puis la marge. Le coefficient de vente, souvent entre 1,3 et 1,6, relie directement déboursé sec et prix de vente HT.
Le déboursé sec regroupe tout ce que l'ouvrage consomme directement, et rien d'autre. Trois postes le composent :
| Poste | Ce qu'il contient | Comment le chiffrer |
|---|---|---|
| Main-d'œuvre | Le temps passé à réaliser l'ouvrage | Heures × coût horaire chargé |
| Matériaux | Ce qui est incorporé ou consommé, chutes et casse comprises | Quantité réelle × prix d'achat net HT (remise négoce déduite) |
| Matériel | Outillage spécifique, location, consommables | Location au réel ou amortissement rapporté à l'ouvrage |
Ce qu'il ne contient pas : l'installation du chantier, la benne, les déplacements (ce sont des frais de chantier), ni le véhicule, les assurances, le téléphone, l'expert-comptable ou le temps passé à faire des devis (ce sont des frais généraux). Les mélanger fausse tout le reste du calcul.
L'expression vient de la comptabilité de chantier : un « déboursé » est une dépense, « sec » signifie qu'on la prend nue, sans aucun frais ajouté.
On le calcule par unité d'ouvrage (le m² de carrelage, le ml de plinthe, le point lumineux) plutôt que par chantier. C'est ce qui permet de le réutiliser d'un devis à l'autre.
Le coût horaire chargé est le point qui se trompe le plus souvent. Un compagnon payé 15 € brut de l'heure coûte bien davantage : charges patronales, congés payés et intempéries versés à la caisse du BTP, et surtout les heures payées mais non productives (trajets, attente, intempéries). Une fois tout intégré, il revient souvent entre 28 et 35 € par heure réellement passée sur l'ouvrage. Pour le détail, voir notre guide du coût de la main-d'œuvre dans le BTP et le calcul des congés payés BTP.
Pose collée de carrelage 60 × 60 au sol, sur chape saine, dans un logement. Prix d'achat négoce 2026, hors remise exceptionnelle.
| Poste | Détail | Montant HT |
|---|---|---|
| Main-d'œuvre | 12 h × 32 €/h chargé | 384,00 € |
| Carrelage | 11 m² (10 % de chute) × 28,00 € | 308,00 € |
| Colle | 5 sacs × 14,00 € | 70,00 € |
| Joints et croisillons | forfait | 25,00 € |
| Matériel | disque, consommables, part du malaxeur | 30,00 € |
| Déboursé sec | 817,00 € | |
| Soit par m² | 81,70 €/m² |
Cet ouvrage coûte donc 81,70 € du mètre carré avant toute autre dépense. Un devis à 75 €/m² fourniture et pose comprises perd de l'argent sur chaque mètre, même si le chantier « se passe bien ».
On ajoute les étages un par un :
| Étape | Calcul | Exemple |
|---|---|---|
| Déboursé sec (DS) | MO + matériaux + matériel | 817,00 € |
| Frais de chantier | 5 % du DS (benne, protection, déplacement) | 40,85 € |
| Déboursé total | DS + frais de chantier | 857,85 € |
| Frais généraux | 25 % du déboursé total | 214,46 € |
| Prix de revient | 1 072,31 € | |
| Marge | 10 % du prix de revient | 107,23 € |
| Prix de vente HT | 1 179,54 €, soit 117,95 €/m² |
Le pourcentage de frais généraux ne se devine pas. Il se calcule une fois par an : total des frais généraux de l'exercice ÷ total des déboursés de l'exercice. Une entreprise qui a dépensé 30 000 € de frais généraux pour 120 000 € de déboursés est à 25 %. L'expert-comptable a ces chiffres dans le bilan.
Le coefficient fait le même chemin en une seule multiplication :
Coefficient de vente = prix de vente HT ÷ déboursé sec
Dans l'exemple : 1 179,54 ÷ 817,00 = 1,44. Pour les prochains devis du même type, il suffit de calculer le déboursé sec et de le multiplier par 1,44.
On peut aussi le construire à partir des taux : (1 + frais de chantier) × (1 + frais généraux) × (1 + marge), soit 1,05 × 1,25 × 1,10 = 1,44.
Beaucoup d'entreprises utilisent deux coefficients :
Le coefficient unique est plus simple, mais il gonfle le prix des chantiers riches en fournitures chères (sanitaires haut de gamme, menuiseries) et peut faire perdre des devis que vous auriez dû gagner.
Notre avis
Quand l'artisan travaille seul, il est tentant de prendre comme coût de main-d'œuvre son taux horaire de vente, ou un taux qui inclut déjà le véhicule et les assurances. Si l'on ajoute ensuite 25 % de frais généraux, les mêmes frais sont comptés deux fois et le prix sort trop haut.
Deux méthodes cohérentes, au choix :
Notre calculateur de taux horaire artisan suit la seconde méthode : le taux qu'il donne inclut vos frais fixes et votre marge. Ne lui appliquez pas de coefficient en plus.
Vos propres chantiers restent la source la plus fiable : notez les heures réelles à chaque fin de chantier, ouvrage par ouvrage, et comparez-les à ce que vous aviez prévu. Au bout de quelques mois, vous disposez d'une base de temps unitaires qui vous ressemble.
Pour vérifier un prix de vente face au marché, notre grille de prix BTP 2026 donne des fourchettes par métier. Les bases de prix payantes (bordereaux, bibliothèques d'ouvrages) fournissent aussi des sous-détails, mais elles reflètent des moyennes nationales qui ne connaissent ni votre rendement, ni vos remises négoce.
Retour terrain
Le calcul se fait une fois par type d'ouvrage, pas à chaque devis. Une fois votre prix de vente au m² ou à l'unité établi à partir du déboursé sec, il entre dans votre bibliothèque de prestations et se réutilise tel quel. Voir la bibliothèque de produits.
Sur Chantiq, vous décrivez le chantier en langage courant et l'IA génère les lignes du devis avec vos prix habituels, la bonne TVA et les mentions obligatoires. Pour vérifier un montant avant de l'envoyer, le simulateur de devis donne un ordre de grandeur en quelques secondes.
C'est le coût direct d'un ouvrage : la main-d'œuvre nécessaire pour le réaliser, les matériaux qu'il consomme (pertes comprises) et le matériel utilisé. Il exclut les frais de chantier communs, les frais généraux de l'entreprise et la marge. C'est le point de départ de tout prix de vente.
Déboursé sec = main-d'œuvre + matériaux + matériel. La main-d'œuvre se calcule en heures × coût horaire chargé, les matériaux en quantités réelles (chutes incluses) × prix d'achat net HT, le matériel en location ou en amortissement rapporté à l'ouvrage. On le calcule par unité d'ouvrage (m², ml, u) pour pouvoir le réutiliser.
Le prix de revient ajoute au déboursé sec les frais de chantier (installation, benne, déplacements) et la quote-part des frais généraux de l'entreprise (véhicule, assurances, bureau, comptable). C'est ce que l'ouvrage coûte vraiment à l'entreprise. Le prix de vente HT ajoute ensuite la marge bénéficiaire.
C'est le multiplicateur qui fait passer du déboursé sec au prix de vente HT : coefficient = prix de vente HT ÷ déboursé sec. Il intègre en une seule fois frais de chantier, frais généraux et marge. Chez les artisans du second œuvre, il se situe souvent entre 1,3 et 1,6, mais il se calcule à partir de vos propres comptes, pas d'une moyenne.
Beaucoup d'entreprises en utilisent deux : un coefficient plus élevé sur la main-d'œuvre, qui porte l'essentiel des frais généraux, et un plus faible sur les fournitures (souvent 1,15 à 1,35). Un coefficient unique est plus simple mais pénalise les devis riches en fournitures chères, où le prix devient vite moins compétitif.
Pour un salarié : salaire brut + charges patronales + congés payés et intempéries versés à la caisse BTP, divisés par les heures réellement productives sur chantier (et non les heures payées). Pour un artisan seul, on prend le coût de revient de son heure facturable, sans y remettre les frais généraux qui seront ajoutés ensuite.
Non. Le devis porte des prix de vente HT par ligne, pas le détail de vos coûts. Le déboursé sec reste un document interne. En marché public, certaines consultations demandent un sous-détail de prix qui s'en rapproche, notamment en cas de soupçon d'offre anormalement basse.
Décrivez votre chantier par texte, voix ou photo. L'IA fait le reste.