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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
Cinq pour cent de chaque chantier bloqués pendant un an, et souvent oubliés par tout le monde. Ce que la loi de 1971 impose vraiment au client, comment éviter la retenue avec une caution, et la lettre à envoyer pour être payé.

Sur un chantier de 18 000 €, 900 € que vous ne verrez pas avant un an, et parfois jamais si personne ne les réclame. La retenue de garantie est l'une des sommes les plus régulièrement perdues par les artisans, non parce que le client est de mauvaise foi, mais parce que les deux parties ont oublié qu'elle existait.
Réponse rapide
La retenue de garantie est plafonnée à 5 % du montant du marché et encadrée par la loi du 16 juillet 1971 pour les marchés privés. Les sommes retenues doivent être consignées chez un consignataire, pas conservées par le client. Elle est libérée de plein droit un an après la réception si aucune réserve n'a été formulée ou si elles ont été levées. Un artisan peut l'éviter en fournissant une caution bancaire d'un montant équivalent, que le client ne peut pas refuser.
Elle sécurise le client sur un point précis : la levée des réserves formulées le jour de la réception. Si vous ne revenez pas reprendre le joint mal fini ou la porte qui frotte, le maître d'ouvrage dispose d'une somme pour faire exécuter le travail par un autre.
C'est tout. Elle ne garantit pas la décennale, ni les malfaçons découvertes plus tard, ni les retards de chantier. Le cadre des garanties qui s'ouvre à la réception est un sujet distinct, développé dans notre article sur la garantie décennale de l'artisan. Elle suit en revanche le même calendrier que la garantie de parfait achèvement, qui court elle aussi pendant un an après la réception.
Elle porte sur des acomptes ou des situations de travaux, c'est-à-dire des paiements intermédiaires en cours de chantier. Sur un petit chantier réglé en une fois à la fin, la question ne se pose en général pas.
Deux dates commandent tout son régime : celle de la réception et celle de la levée des réserves. Elles se constatent dans le procès-verbal de réception de travaux, document sans lequel le point de départ du délai d'un an devient très difficile à établir.
Le texte de référence pour les marchés de travaux privés est la loi n° 71-584 du 16 juillet 1971. Elle est d'ordre public : une clause du contrat qui y déroge ne vaut rien.
| Règle | Ce que dit la loi |
|---|---|
| Plafond | 5 % du montant des sommes dues, jamais plus |
| Sort de l'argent | Consigné entre les mains d'un consignataire accepté par les deux parties |
| Désaccord sur le consignataire | Désignation par le président du tribunal |
| Durée | Un an à compter de la réception des travaux |
| Libération | De plein droit à l'expiration du délai, si pas de réserves ou réserves levées |
| Alternative | Caution personnelle et solidaire d'un établissement financier, au choix de l'entreprise |
Sur les chantiers chez des particuliers, deux de ces règles sont ignorées à peu près systématiquement, et ce sont justement celles qui vous servent le jour de la restitution.
Le client ne doit pas garder l'argent. La retenue doit être consignée, et si les sommes retenues dépassent ce qui a été consigné, le maître d'ouvrage doit compléter. Dans la réalité des chantiers de rénovation chez un particulier, la consignation n'est presque jamais faite. Le client garde 5 % sur son compte courant, ce qui n'est pas conforme, et vous donne un argument le jour de la restitution.
La libération est automatique. Passé un an, si aucune réserve n'a été formulée à la réception, ou si celles qui l'ont été ont été levées, la somme vous est due sans que vous ayez à négocier quoi que ce soit. Le mot important est « de plein droit ».
Notre avis
La confusion est fréquente, et elle change les délais.
| Marché privé | Marché public | |
|---|---|---|
| Texte applicable | Loi du 16 juillet 1971 | Textes de la commande publique |
| Plafond | 5 % | 5 % |
| Sort des sommes | Consignation obligatoire | Retenue par l'acheteur public |
| Durée | 1 an après réception | Durée du délai de garantie, en général 1 an |
| Restitution | De plein droit à l'échéance | Dans le mois suivant l'expiration du délai de garantie |
| Substitution possible | Caution personnelle et solidaire | Caution personnelle et solidaire ou garantie à première demande |
En marché public, les modalités de la retenue et les garanties qui peuvent la remplacer sont fixées par le CCAP du marché, qu'il faut donc lire avant de remettre une offre plutôt qu'à la première situation.
Pour un artisan qui travaille en sous-traitance sur un marché public, la retenue peut se retrouver appliquée en cascade par l'entreprise principale. Ce cas, et les recours qui vont avec, sont traités dans notre article sur le sous-traitant impayé dans le BTP. C'est une raison de plus pour faire figurer le pourcentage et les conditions de libération dans le contrat de sous-traitance plutôt que de les découvrir sur la première situation.
C'est l'option la moins connue et la plus intéressante en trésorerie. La loi donne à l'entreprise le droit de remplacer la retenue par une caution personnelle et solidaire délivrée par un établissement financier, pour un montant égal à la somme qui aurait été retenue.
Si la caution est conforme, le client ne peut pas la refuser. Il vous règle alors 100 % de chaque situation, et c'est la banque qui garantit la levée des réserves.
Ce que ça implique en pratique :
Sur les chantiers de rénovation courants chez des particuliers, ce dispositif est disproportionné. Il prend tout son sens à partir du moment où vous travaillez pour des entreprises générales, des promoteurs ou des collectivités.
Un an après la réception, personne ne vous appellera. La demande vient de vous.
Le courrier s'envoie en recommandé avec accusé de réception, quelques jours après la date anniversaire de la réception. Il tient en cinq éléments :
Voici une formulation qui peut être reprise telle quelle.
Les travaux réalisés au titre du marché [référence] ont été réceptionnés le [date], comme en atteste le procès-verbal joint. Le délai d'un an prévu par la loi n° 71-584 du 16 juillet 1971 étant expiré et les réserves ayant été levées le [date], la retenue de garantie de [montant] € est libérée de plein droit. Je vous remercie de bien vouloir procéder à son règlement au plus tard le [date], par virement sur le compte figurant sur nos factures.
Sans réponse, la retenue se traite exactement comme n'importe quel impayé : mise en demeure, puis recours. Le modèle et les mentions figurent dans notre guide sur la mise en demeure pour facture impayée, et les suites possibles dans notre article sur l'injonction de payer.
Retour terrain
Les mêmes situations reviennent d'un chantier à l'autre.
La retenue se prépare au devis, pas à la facture. Si le principe et le pourcentage figurent dans les conditions de paiement du devis signé, la discussion est close d'avance et le montant est calculable par tout le monde.
Sur les situations et factures intermédiaires, elle apparaît en déduction après le total, jamais en réduction du prix des prestations : la base de TVA reste le montant total des travaux. Les mentions à respecter sur le document sont détaillées dans notre guide des mentions obligatoires d'une facture d'artisan, et le mécanisme voisin de l'acompte dans notre article sur l'acompte sur devis.
Une retenue de garantie se perd parce qu'elle sort du champ de vision une fois le chantier terminé. Dans Chantiq, le devis, les factures et l'historique restent attachés au projet, avec les montants réglés et les dates. Un an plus tard, retrouver la date de réception et le montant exact retenu prend quelques secondes plutôt qu'une soirée de recherche dans les mails.
Les conditions de paiement, retenue comprise, se saisissent une fois sur le devis et se retrouvent sur les documents suivants sans ressaisie. Le passage du devis à la facture est décrit dans la fiche facture depuis le devis, et le suivi d'ensemble dans cycle de vie d'un projet.
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C'est une somme, plafonnée à 5 % du montant du marché, que le maître d'ouvrage conserve à la place de vous la verser, en garantie de la bonne exécution des réserves formulées à la réception. Elle est encadrée par la loi du 16 juillet 1971 pour les marchés de travaux privés.
Non. Rien n'oblige un client à en pratiquer une, mais s'il en pratique une, elle ne peut pas dépasser 5 % et doit respecter les règles de la loi de 1971. Ce qui est obligatoire, c'est la consignation des sommes retenues chez un consignataire, pas la retenue elle-même.
À l'expiration du délai d'un an à compter de la réception des travaux, de plein droit, si aucune réserve n'a été formulée ou si les réserves ont été levées. Le client n'a pas à vous rappeler cette échéance, c'est à vous de la réclamer.
Non. La loi impose que la somme retenue soit consignée entre les mains d'un consignataire accepté par les deux parties, ou désigné par le président du tribunal en cas de désaccord. Un client qui garde simplement l'argent sur son compte n'applique pas la loi, ce que beaucoup de maîtres d'ouvrage particuliers ignorent.
En fournissant une caution personnelle et solidaire délivrée par un établissement financier, pour un montant égal à la retenue. Le client ne peut pas refuser cette substitution si la caution est conforme : il vous règle alors la totalité de chaque facture.
Vous lui adressez une lettre recommandée de demande de restitution rappelant la date de réception, l'absence de réserves ou leur levée, et le montant dû. Sans réponse, la somme se réclame comme n'importe quelle créance impayée, par mise en demeure puis injonction de payer.
Oui, également plafonnée à 5 %, mais son régime relève des textes de la commande publique et non de la loi de 1971. Elle est remboursée dans le mois suivant l'expiration du délai de garantie, et peut aussi être remplacée par une garantie à première demande ou une caution personnelle et solidaire.
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