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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
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Guides pratiques, conseils et actus pour les artisans du batiment. TVA, mentions legales, prix materiaux et bien plus.
L'entreprise principale ne vous paie pas, mais le maître d'ouvrage, lui, a de l'argent. La loi de 1975 vous donne un recours contre lui, et une garantie que beaucoup d'artisans ne réclament jamais avant de commencer le chantier.

Vous avez travaillé trois semaines pour une entreprise générale, la facture est partie, et depuis, plus rien. Le chantier, lui, est livré, et le maître d'ouvrage a payé ou s'apprête à payer. La loi du 31 décembre 1975 a été écrite exactement pour cette situation, et elle donne au sous-traitant des droits que peu d'artisans utilisent.
Réponse rapide
Un sous-traitant impayé peut réclamer son dû directement au maître d'ouvrage, après avoir mis en demeure l'entrepreneur principal et attendu un mois sans paiement, avec copie de cette mise en demeure au maître d'ouvrage. Cette action directe se limite aux sommes que le maître d'ouvrage doit encore à l'entrepreneur principal. En marché privé, l'entrepreneur principal doit en outre fournir une caution bancaire au sous-traitant avant le début des travaux, sous peine de nullité du contrat.
La loi de 1975 ne traite pas les marchés publics et les marchés privés de la même façon, et confondre les deux fait perdre du temps au mauvais moment.
| Marché public | Marché privé | |
|---|---|---|
| Mécanisme principal | Paiement direct par l'acheteur public | Action directe contre le maître d'ouvrage |
| Quand il joue | Mode de paiement normal, dès l'acceptation | En cas de défaillance de l'entrepreneur principal |
| Condition | Sous-traitant accepté, conditions de paiement agréées | Mise en demeure restée sans effet pendant un mois |
| Garantie exigée | Le paiement direct en tient lieu | Caution personnelle et solidaire, ou délégation de paiement |
| Sanction du défaut de garantie | Sans objet | Nullité du contrat de sous-traitance |
Sur un marché public, le paiement direct n'est pas un recours de crise : c'est ainsi que vous êtes censé être réglé dès le départ, dès lors que vous avez été accepté comme sous-traitant et que vos conditions de paiement ont été agréées, au-delà du seuil fixé par les textes de la commande publique. Le point d'attention est donc en amont : ne pas commencer sans avoir été déclaré.
Sur un marché privé, qui représente l'essentiel des chantiers d'un artisan sous-traitant d'une entreprise générale, c'est l'action directe qui s'applique, et elle suppose une procédure.
Elle n'est pas compliquée, mais elle est formelle. Chaque étape compte.
Deux garde-fous à connaître. L'action directe ne porte que sur les travaux prévus au contrat de sous-traitance et réellement exécutés au bénéfice du maître d'ouvrage. Et elle plafonne à ce que celui-ci doit encore à l'entrepreneur principal : s'il a déjà tout réglé avant de recevoir la copie de la mise en demeure, il ne vous doit rien. D'où l'importance d'agir vite plutôt que d'attendre trois mois par crainte de froisser un donneur d'ordre.
Un point rassurant : l'action directe subsiste malgré le redressement ou la liquidation judiciaire de l'entrepreneur principal, et toute clause par laquelle vous y renonceriez est réputée non écrite.
Notre avis
C'est la disposition la plus protectrice de la loi de 1975, et la plus ignorée sur le terrain.
En marché privé, l'entrepreneur principal doit garantir le paiement des sommes dues au sous-traitant par une caution personnelle et solidaire, obtenue auprès d'un établissement qualifié et agréé. Cette caution doit exister avant la conclusion du contrat ou le démarrage des travaux.
Elle peut être remplacée par une délégation de paiement : le maître d'ouvrage est délégué au sous-traitant à hauteur du montant des prestations qu'il exécute. Dans ce cas, la caution n'est pas exigée.
La sanction du défaut de l'une comme de l'autre est lourde : la nullité du contrat de sous-traitance. Le sous-traitant peut l'invoquer, y compris après l'exécution des travaux. C'est un levier sérieux, dont les effets exacts se mesurent avec un avocat avant d'être actionné, parce que la nullité produit des conséquences dans les deux sens.
En pratique, la bonne question à poser au moment de la signature tient en une phrase : la caution est-elle en place, ou une délégation de paiement est-elle prévue ? Un donneur d'ordre solide répond sans difficulté. Un donneur d'ordre qui élude vient de vous renseigner. La clause correspondante, et les autres à ne pas oublier, figurent dans notre modèle de contrat de sous-traitance BTP.
Retour terrain
Un impayé de sous-traitance se joue à la signature, pas à la facturation.
Elle échoue essentiellement dans deux cas : le maître d'ouvrage a déjà tout payé à l'entrepreneur principal, ou il conteste la réalité des prestations. Il reste alors les voies classiques du recouvrement.
Le chemin est le même que pour n'importe quel impayé : mise en demeure, puis choix d'un recours selon le montant et la nature du débiteur. L'injonction de payer est la voie la plus utilisée lorsque la créance n'est pas contestée, et l'ensemble des options est comparé dans notre guide sur la relance de facture impayée. La question de savoir s'il faut confier le dossier à un tiers est traitée dans notre article sur le recouvrement de créances.
Attention au délai : entre professionnels, l'action se prescrit par cinq ans. C'est plus confortable que les deux ans applicables face à un particulier, mais cinq ans passent aussi, et la solvabilité d'un donneur d'ordre en difficulté, elle, ne s'améliore pas avec le temps. Les règles complètes sont dans notre article sur la prescription d'une facture impayée.
Une action directe se gagne sur des pièces : le contrat, les factures émises, les dates, l'avancement réel. Dans Chantiq, chaque chantier existe comme un projet auquel restent attachés le devis, les factures, les montants réglés et les photos. Le jour où il faut monter un dossier pour le maître d'ouvrage, tout est au même endroit plutôt que réparti entre un carnet, un téléphone et trois boîtes mail.
Les factures dont l'échéance est dépassée basculent seules en statut « en retard », ce qui évite de laisser filer un mois de plus avant de déclencher la mise en demeure, là où chaque semaine réduit ce que le maître d'ouvrage doit encore à l'entreprise principale. Vos situations se génèrent depuis le devis accepté sans ressaisir les lignes, comme expliqué dans la fiche facture depuis le devis, et l'avancement d'un chantier se suit dans cycle de vie d'un projet.
Quand le marché principal est un marché public, le régime du paiement direct, de l'avance et des délais est fixé par le CCAP et le CCAG travaux, qu'il vaut mieux avoir lu avant de signer avec l'entreprise principale.
Pour tester sur vos prochains chantiers : essai de 14 jours sans carte bancaire.
Vous la mettez en demeure de payer par lettre recommandée, avec copie au maître d'ouvrage. Si elle n'a pas payé un mois après cette mise en demeure, vous pouvez exercer l'action directe et réclamer votre dû directement au maître d'ouvrage, dans la limite de ce qu'il doit encore à l'entreprise principale.
C'est le droit, prévu par la loi du 31 décembre 1975, de réclamer le paiement au maître d'ouvrage lorsque l'entrepreneur principal ne paie pas. Elle porte sur les prestations dont le maître d'ouvrage a effectivement bénéficié, et se limite aux sommes qu'il doit encore à l'entrepreneur principal à la date où il reçoit la copie de la mise en demeure.
Oui. C'est même l'une des raisons d'être du texte : l'action directe subsiste malgré le redressement ou la liquidation judiciaire de l'entrepreneur principal. Toute renonciation à ce droit est réputée non écrite.
Une caution personnelle et solidaire délivrée par un établissement qualifié et agréé, à obtenir par l'entrepreneur principal avant le début des travaux. La délégation du maître d'ouvrage au profit du sous-traitant peut la remplacer. Sans l'une ou l'autre, le contrat de sous-traitance encourt la nullité.
Sur un marché public, le sous-traitant accepté et dont les conditions de paiement ont été agréées est payé directement par l'acheteur public pour la part qui lui revient, au-delà d'un seuil fixé par les textes de la commande publique. Ce n'est pas un recours en cas d'impayé, c'est le mode de paiement normal.
Oui. L'absence de la garantie de paiement exigée en marché privé est sanctionnée par la nullité du contrat de sous-traitance, que le sous-traitant peut invoquer y compris après l'exécution des travaux. C'est un levier puissant, dont les conséquences se mesurent avec un avocat avant de l'actionner.
L'acceptation du sous-traitant et l'agrément de ses conditions de paiement par le maître d'ouvrage sont prévus par la loi et conditionnent une partie des protections, notamment en marché public. Refuser de commencer tant que la déclaration n'est pas faite reste la position la plus sûre.
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